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 Chroniques

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Vincent

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MessageSujet: Chroniques   Ven 11 Juin - 14:22

Dans ce sujet je vais poster par ordre chronologique des petites nouvelles dévoilant progressivement le scénario de Tempête d'Âmes ainsi que les motivations de ses principaux protagonistes.

Leur lecture n'est en rien nécessaire aux joueurs de la campagne. C'est simplement du "bonus" pour ceux qui s'intéressent au Fluf. Ceux que ça n'intéressent pas peuvent faire l'impasse sans impact sur le jeu.

Ces textes sont classés en Prologue, Acte 1, Acte 2, Acte 3 et Epilogue.

Le Prologue regroupe les textes publiés avant le début de la campagne, expliquant comment nous en serons arrivés à la situations initiale de la campagne.

Les Actes 1 à 3 seront au coeur de l'histoire lors des tours 1 à 3, mettant en lumière des évènements influant sur le déroulement de Tempête d'Âme. Il peut d'agir de scènes extraites de batailles jouées ou d'évènements hors batailles (mais généralement déterminés par l'issue des batailles).

L'Epilogue regroupe les textes après le dénouement, dévoilant les derniers secrets.

Le sujet restera clôt pour rester lisible.


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MessageSujet: Re: Chroniques   Ven 11 Juin - 14:51

Siège de Middenheim, été 2522 CI, fin de Tempête du Chaos

Dans un dernier battement d’ailes, Rli’rark se posa au sommet de la colline surplombant la bataille. En contrebas, au pied des remparts de Middenheim, hommes et démons se livraient un combat sauvage et sans merci. Lentement, le Maître Ténébreux tourna ver le messager son regard de braise.

Autant par respect que pour s’accorder un instant de répit, Rli’rark posa un genou à terre. L’espace d’une seconde il goûta la caresse des vents sombres sur les plaies profondes striant son cuir épais. Leur souffle salvateur effaçait ses blessures comme fond la neige au soleil. Les vents du chaos tournoyaient autour de Be’lakor comme des âmes en peine et semblaient naître en lui, enfler à son contact, pour enfin s’élancer en hurlant à travers le champ de bataille où leur noire énergie galvanisait les légions démoniaques.

Avant de provoquer la colère de son maître, qui n'avait pas la patience pour vertu, le démon livra son message d'une voix rauque et gutturale:
« Les nouvelles sont bonnes mon Maître. Le dernier Marteleur du Roi Alrik Ranulfsson est tombé, et la Porte Nord n'est plus protégée que par une poignée de miliciens et de prêtres retranchés sur les murailles et désespérés. Dans la plaine, les combats font encore rage, mais la victoire nous est assurée. Les Chevaliers de Bretonnie ont été vaincus, ouvrant en grand le flanc des Elfes à une offensive qui les a balayé. Les survivants de l'armée de l'Archimage Teclis sont désormais encerclés et ne se battent plus que pour leur honneur. La contre-attaque des armées du Reikland et de l'Ostland ont été repoussées; elles sont désormais divisées et acculées aux pieds des remparts où la chevalerie ne peut plus manoeuvrer. Quelles sont vos ordres mon Maître? Faut-il ordonner à la Légion Carmin de prendre la Porte? »

Le Maître Ténébreux, dont la stature n'avait rien à envier à celle d'un Buveur de Sang, se tourna vers la cité. Il pouvait sentir d'ici la peur et le désespoir des derniers défenseurs de Middenheim.
« Oui. Que la Légion Carmin en finisse », ordonna Be'lakor dont la voix semblait tout droit émerger des enfers. « Ensuite lâchez les chiens dans les rues de la cité. Mais que personne ne viole le temple. Volkmar s'y sera réfugié, et Volkmar est à moi. »

Le messager acquiesça, et bondit dans les airs où il déploya ses larges ailes. Quelques minutes plus tard, des nuées de démons s’abattirent sur la Porte Nord avec une fureur et une sauvagerie qui ne laissaient aucun doute quant à l'issue du combat.

Be'lakor était satisfait. Le Conclave de Lumière était brisé. Il avait balayé l'alliance des hommes, des elfes et des nains. Mais ce qui le faisait véritablement exulter, c'était l’absence d'Archaon qu'il avait pris de vitesse. Malgré les artefacts du Chaos et la faveur des Dieux, Archaon et sa gigantesque armée étaient encore à des lieux de Middenheim. C'est donc lui, Be'lakor, que les Dieux Noirs avaient maudit des millénaires durant, lui à qui ils avaient refusé la gloire d'être le Seigneur de la Fin des Temps, c'est lui qui éteindrait la flamme éternelle du temple d'Ulric, marquant ainsi la fin de l'âge des hommes, et le début de l'âge du Chaos. Si seulement les Dieux l'avaient laissé faire il y a quatre mille ans...

Brutalement, Be'lakor pris conscience d'un nouveau danger. De ses yeux de feu il scruta le champ de bataille. D'abord en vain. Puis il le vit. Protégé par ses derniers elfes, Teclis incantait un sortilège d'une rare puissance. Sous l'effet de formules oubliées, les vents de la magie convergeaient vers l'archimage comme l'eau vers un vortex et tissaient un motif d'une extrême complexité. D'un puissant mouvement de queue, le Maître Sombre se propulsa dans les airs où il s'élança à tire d'ailes vers le jeune archimage elfe. Il devait l'arrêter à tout prix!

Alerté par un rugissement à déraciner les arbres, Teclis leva les yeux pour voir la forme terrible de Be'lakor fondant sur lui comme un boulet de canon. Dans un ultime effort de volonté, Teclis prononça la dernière clef du sort et d'un geste ample et théâtrale écarta les bras pour le libérer.

Dans un grondement de cataracte, une fantastique onde de choc bleutée balaya le champ de bataille. Les hommes et les chevaux furent projetés aux sol, des mètres en arrière. Les chênes et les pins se couchèrent comme de vulgaires roseaux. Les démons, mineurs ou majeurs, balayés par la puissance du sort, s'évaporèrent en écharpes de fumées rougeoyantes. Be'lakor lui-même disparut, banni hors de ce monde tout comme ses légions.

L'âge des hommes ne prendrait pas fin en ce jour.
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MessageSujet: Re: Chroniques   Sam 26 Juin - 15:38


Plus tard (le temps passe étrangement dans les royaumes du Chaos)...
Quelque part dans les Royaumes du Chaos, avant 2524 CI

L’Œil d’Outre-Temps reposait sur son riche piédestal, tandis que son esprit dérivait dans les visions d'ailleurs et d'autrefois. Il aurait donné son dernier souffle pour ne jamais se réveiller. Mais même cela ne lui appartenait plus. Depuis plus de huit mille ans, il était un prisonnier de luxe, enfermé à l'une des deux extrémités d'une des tours de la Forteresse Impossible, dans une chambre qui s'obstinait à changer de forme chaque fois qu'on la quittait des yeux. Comme il l'avait déjà vu dans ses visions, son visiteur entra, et sans aucune cérémonie s'adressa à l'Œil d'une voix sourde : « Mon Maître réclame ton concours, Esclave. Eveille-toi. Nous chevaucherons par-delà le temps. »

A regret, l'Œil souleva son unique paupière, révélant une iris électrique fendue de feu. Le Duc du Changement attendait, sûr de lui. L'Œil frissonna en se remémorant les visions qu'il avait eu de ce qui lui arriverait s'il refusait de collaborer.
« Parle, mon Maître, ton Verbe est mon Ordre » répondit-il par télépathie.
« Esclave, montre moi Be'lakor, le Maître Ténébreux, en son domaine. »
« Quand ? »
demanda l'Œil, omettant volontairement les formules de politesse.

Le Duc scruta l'Œil. Il avait le pouvoir de voir à travers la temps. A un autre âge, le Hérault de Tzeentch lui avait fait parcourir les dimensions, de sorte qu'il pouvait désormais restituer des vision de chaque époque de chacun des lieux qu'il avait visité.
« Maintenant ! »

L'Œil sembla se dilater, puis en un instant tout s'évanouit autour de lui et du Duc. Ils restaient seuls, perdus dans l'immensité des Royaumes du Chaos semblables à un océan nocturne agité et infini. Sous les flots indigos, telles d'innombrables lucioles, les Essences dansaient furieusement, formant des courants tumultueux entre les vortex. L'Œil plongea, et remonta les courants à une vitesse saisissante. Les lieux et les visages, fragments de mémoires piégées dans les Essences, assaillirent leur sens jusqu'à ce qu'à l'issue de leur folle chevauchée, ils s'élèvent au dessus d'un immense vortex. En son centre trônait Be'lakor au milieu d'un paysage de désolation et de ses onze légions démoniaques alignées en file indienne devant lui. D'un geste, il jugeait chaque démon. A gauche les méritants. A droite, les autres, qui étaient anéantis, rendant leur énergie à leur créateur et maître. Be'lakor était connu pour avoir un jugement sévère, et le rang de ses démon fondait comme neige au soleil. Le Duc regarda autour de lui. Grace à l'Œil, il était à la fois dans la chambre, et dans le royaume de Be'lakor, malgré les gardes magiques du Prince Démon. Il attendit plusieurs minutes que Be'lakor remarque sa présence et lorsque ce fût chose faite, leva le Sceptre du Changement entonnant un chant sombre. Une brume violacée et liquide se répandit lentement à partir du sceptre, inondant lentement mais sûrement ce royaume désolé.

Be'lakor se dressa sur son trône. Un instant il failli provoquer un duel magique contre le Duc du Changement qu'il savait pouvoir vaincre. Mais il se ravisa. Le maléfice s'écoulant du sceptre était l'oeuvre de Tzeentch lui-même. Il avait déjà vécu cette scène quatre mille ans plus tôt. Résister n'avait servi qu'à l'affaiblir l'empêchant de se libérer de sa malédiction. Aujourd'hui il ne commettrait pas la même erreur ! Ravalant sa rage, Be'lakor renvoya d'un geste neuf de ses onze légions au vortex, dévorant leur énergie, se préparant ainsi à endurer une nouvelle malédiction. La brume violacée monta avec une lenteur sadique, isolant le Prince comme un naufragé sur une île minuscule. Juste lorsqu'il allait être trop tard, un hurlement déchira l'espace en un trou béant devant Be'lakor, qui sans une hésitation sauta dans la faille comme un noyé agrippe une bouée.

Le Maître Ténébreux émergea dans une forêt obscure du Vieux Monde, le portail se refermant en chuintant derrière lui. Sa rage convertie en joie sauvage, il poussa un hurlement de triomphe qui résonna longtemps entre les arbres. Il était sauvé ! Sauvé par un allié inconnu, assez fou ou puissant pour s'opposer au Maître du Changement ! Dans les Royaumes du Chaos, où Teclis l'avait banni, Tzeentch était tout puissant. Ici, son influence était plus indirecte et Be'lakor pouvait lutter à armes plus égales. Bien sur, il lui faudrait découvrir qui l'avait aidé et quel en serait le prix. Zuvassin ou Necoho peut-être. Mais pour l'instant, il devait mettre son plan à exécution sans perdre un minute. Le Maître Ténébreux était déterminé à se venger des Dieux Noirs en détruisant l'humanité. Et cette fois il prendrait son temps et ne se conterai pas de quelques légions de démons.

La fin de l'humanité était proche !


Dernière édition par Vincent le Mer 6 Oct - 15:30, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Chroniques   Mar 24 Aoû - 13:11


23 années plus tard...
Missive de Otto Von Regendorf, An 2547 CI, 45ème année du règne de Karl Franz Ier.

Votre seigneurie,

Je viens vers vous afin d’évoquer d’inquiétants événements qui me contraignent à en référer à votre autorité supérieure de Reikmarshall. Le Reikland n’est pas la plus dangereuse ou la plus tourmentée des provinces de l’Empire, mais de récents événements m’invitent à penser que de sombres menées factieuses sont à l’œuvre et il convient d’y mettre fin sans attendre,.

La grande forêt au sud de la cité libre de Marienburg abrite depuis des années des groupes de hors la loi. Ceux-ci se rassemblent et se dispersent au grès des succès de certains leaders charismatiques ou de nos propres campagnes de purge. Jamais unis, ils ont souvent pour pire ennemis leur propres frères de maraude. Malgré cet antagonisme et nos succès pour les débusquer, ces brigands sont toujours réapparus aussi sûrement que le chiendent dans un jardin. Mais la situation a changé.
Il apparaît en effet depuis quelques lunes que les attaques de ces bandes se multiplient en nombre et en ampleur. Les rapports qui s’accumulent sur mon bureau donnent la mesure de l’insécurité croissante des voies commerciales. Même des convois bien protégés ne sont pas à l’abri de ces bandes armées qui frappent aussi bien sur terre que sur le fleuve. Leur hardiesse va jusqu’à tendre des embuscades aux abords de grandes villes plus au sud de leur territoire naturel, et leur plus audacieux coup de mains s’est déroulé à une lieue à peine de Carroburg.
Ces faits montrent un niveau d’organisation supérieur qu’on pourrait s’attendre à trouver dans une armée, mais certainement pas dans un ramassis de voleurs. Ainsi, il y a un an encore à peine, seuls des hameaux isolés étaient périodiquement mis à sac. Désormais, nous avons maille à partir avec un système structuré puisque nombres de villages payent rançon et abritent des groupes de hors la loi afin d’assurer leur tranquillité. Le rapport le plus inquiétant que j’ai eu sur le sujet voudrait que le Graf de Eilhart ai parti lié avec ce que je prend la liberté d’appeler une armée de maraudeurs.
La preuve décisive vient des interrogatoires qui ont été menés sur certains de ces hors la loi. En rassemblant leurs aveux, tous s’accordent sur l’existence de réunions entre chefs de bande afin s’entendre sur les territoires de chacun et sur des actions concertées contre d’importants objectifs. Ce qui nous est encore inconnu, c’est l’identité du ou des têtes pensantes, car il est évident que toute Cour des Miracles à besoin d’un roi.

Il est difficile d’estimer l’importance de cette force qui agit tout le long du cours supérieur du Reik, mais certainement de quoi former une petite armée. Rien toutefois je pense qui puisse inquiéter un ost impérial, même de taille modeste. Tout le souci vint de ce qu’il y a peu de chance de les voir un jour se rassembler au même endroit, à moins de les y contraindre par une opération de vaste ampleur. C’est sur ce point qu’il me faudrait l’appui de l’armée impériale.
Je ne perdrais pas de temps à vous rappeler les tensions toujours plus vive à notre frontière avec la Bretonnie. Votre sagesse dans l’anticipation des menaces extérieures à l’Empire est bien connue. Vous savez donc déjà que ce royaume semble avoir basculé dans l’anarchie depuis la mort du roy Louen. Le nouveau dirigeant n’a visiblement pas la même force d’âme que son prédécesseur afin de mettre au pas ses nobliaux. Les provocations frontalières sont nombreuses et la menace d’une nouvelle croisade nous obligent à maintenir d’importantes garnissons à Helmgart et face à la Marche de Couronne.
A cette tension se rajoute aussi la corruption rampante qui touche le bas peuple comme les élites. Ce souci est bien évidemment celui de l’église de Sigmar et de la sainte institution des Enquêteurs de Vérite et des Exécuteurs de Pénitence, mais il nous oblige quand même à maintenir des garnissons sur l’ensemble du territoire. Vous avez sans nul doute entendu parler de cette affaire qui eu lieu à Bögenhafen il y a peu. Une kabbale de riches marchands y pratiquait un culte impie et sanglant. Inconscients de la portée de leurs actes, ces fous nous ont fait alors passer bien prêt de la catastrophe. La chose n’a jamais été rendu publique, mais sans la vigilance et l’intervention de nos hommes, je n’ose imaginer ce qui aurait pu arriver.

Vous êtes un homme d’expérience et vous avez déjà compris que je manque de moyens pour battre les forêts et nettoyer les bords du Reik. Les troupes dont je pourrais disposer sont actuellement en campagne dans les provinces septentrionales de l’Empire afin d’y ramener l’ordre. J’en ai cependant un besoin urgent et je sollicite donc votre aide sur ce point en tant que commandeur en chef des forces de notre nation. Sans être critique, la situation de la province du Reikland est devenue préoccupante et tout laisse à penser qu’elle pourrait dégénérer plus encore.

Respectueusement votre très dévoué Otto Von Regendorf,
Felds Kommandant du Reiksland & Grand Maître des Templiers du Soleil.

Lettre de Heimar Kugelblitz, accompagnée de la précédente, envoyées à l'Empereur.

Votre Altesse Impériale,
cher cousin,

Vous trouverez dans ce pli la dernière missive du commandant en chef de nos forces armées au Reiksland. Même si je ne connais pas personnellement cet homme, la rumeur veut qu’il ne soit pas homme à demander de l’aide à la première difficulté.

Le fait est qu’il est aussi un homme de bon sens, car ses arguments sonnent justes. Avec la manière, il nous rappelle surtout que c’est nous qui l’empêchons de faire correctement son travail en mobilisant hommes et argent afin de combattre les agents ennemis dans les provinces à la dérive que sont devenus le Hochland et le Ostland.
La description qu’il fait des brigands qui mettent en péril le Reiksland ont du vous rappeler la manière de faire des hordes qui se sont dispersés dans l’Est de l’Empire après la défaite d’Archaon. Mais que font ils maintenant de l’autre côté du l’Empire ? Cela fait 25 ans que nous pourchassons les restes de l’armées des barbares du Nord. C’est à croire que ces nordiques se reproduisent comme des lapins, puisqu’ils paraissent désormais sévir dans tout l’Empire. En tout cas, la mise en garde du Felds Kommandant est explicite. Un vent puissant annonciateur de tempête se lève à l’Ouest, alors que c’était jusque là une province stable et votre principal soutien politique.

Comme le dit mon médecin personnel, lorsqu’une blessure refuse de cicatriser, il ne faut pas hésiter à défaire les bandages et à se munir d’une lancette aiguisée afin d’aider le corps à se purger des humeurs malignes. Je sais que vous partagez les douleurs de vos sujets et que vous ne voulez pas voir se rouvrir les plaies encore vives laissées par la dernière guerre contre le Chaos… mais c’est justement parce qu’elles semblent ne pas pouvoir cicatriser qu’il faut agir dès à présent.
Il nous appartient donc de pratiquer une vigoureuse saignée suivie d’une cautérisation par les flammes. Votre Empire doit être débarrassée de la gangrène venue du Nord qui ne cesse de s’y développer. Mon opinion est qu’il faut agir maintenant, car bientôt il sera trop tard.

Votre humble obligé Heimar Kugelblitz,
Reiksmarshall de l’Empire & Grand Maître des chevaliers de la Reiksguard.
--- Ecrit par Nicolas ---



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MessageSujet: Re: Chroniques   Jeu 16 Sep - 14:02


4 années plus tard...
Palais du Grand Théogoniste, Altdorf, fin de l'hiver 2551 CI.

La voiture du Grand Théogoniste pénétra dans l'enceinte enténébrée du palais où elle s'immobilisa. Son escorte, une vingtaine de chevaliers de l'Ordre de la Tour, mis pied à terre et s'aligna entre la voiture et l'entrée majestueuse du palais. Le conseiller Siméon ouvrit la petite porte dorée de la voiture et lorsque le maître du culte en descendit, les chevaliers dressèrent leur marteau de guerre comme un seul homme en signe de respect. Volkmar le Sévère, Grand Théogoniste du culte de Sigmar, passa devant ses hommes d'un pas impérial, dissimulant la fatigue et la souffrance qui le minaient. Le Saint Père accusait 84 ans, ce qui était déjà lourd à porter, mais il portait, en outre, un mal terrible qui le mettait au supplice et qu'il dissimulait de plus en plus difficilement.

Une fois dans le palais Siméon entra dans le vif du sujet :
« Un ambassadeur d'Ulthuan a sollicité une audience immédiate, Très Saint Père. »

Volkmar, qui quittait quinze heures de délibérations exténuantes et n'aimait ni les elfes, ni les surprises, commença un geste de négation que Siméon connaissait bien.

« Avant que je ne l'éconduise, il me faut vous préciser qu'il s'agit du Grand Maître de la Tour Blanche, l'Archimage Teclis en personne. »

Le père de l'église fit une moue agacée ; bien qu'il ne l'ait plus rencontré depuis au moins vingt ans, Teclis était de tous les elfes celui qu'il aimait le moins. Mais si l'Archimage s'était déplacé en personne, le sujet de sa visite devait être important.
Une demi-heure plus tard, Volkmar pénétra dans le somptueux bureau épiscopal où patientait son visiteur. L'Archimage portait une robe chatoyante simple et raffinée, un délicat bâton en or et une épée à fourreau d'argent. Volkmar nota avec déplaisir que, contrairement à lui, le frêle elfe n'avait pas pris une ride. Teclis s'avança et pris la parole le premier.

« J'ai l'honneur de vous présenter mes respects, Très Saint Père. »
« Soyez le bienvenu Grand Maître. Le sujet de votre visite est des plus pressant à ce qu'il m'a été rapporté. Faisons donc fi du protocole et allons droit au but je vous prie. »
« Comme il vous plaira. » ; Téclis souri, ravi d'échapper au protocole. « Je viens partager avec votre Sainteté des informations impliquant la sécurité de l'Empire. En temps normal, j'aurais demandé audience à l'Empereur bien sûr, mais étant donné la situation actuelle... A ce propos, le vote de ce soir a-t-il apporté quelques progrès? »

La « situation actuelle »... Voilà, pensa le Saint Père, une jolie formule pour résumer quinze mois de chaos et d'errances, quinze mois pendant lesquels les Comptes Electeurs avaient échoué par cinq fois à élire un nouvel Empereur. Mais ce soir tout était changé.

« La situation a progressé en effet. » répondit Volkmar. « Loué soit Sigmar, l'Empire aura bientôt un Empereur. Le Comte Gerof von Leibwitz a été élu par huit voix, contre sept pour le Comte Luitpold Friedrich Holswig Schliestein ».

Teclis sourit et nota mentalement que le Grand Théogoniste omettait de préciser que pour la première fois de l'histoire, les trois Electeurs de l'église Sigmarite n'avait pas unanimement soutenu le candidat du Reikland. Si les Archilecteurs Esmer et Orcond avaient bien porté leur vote sur Luitpold, Volkmar avait par contre accordé sa voix à Gerof, faisant basculer l'élection.

« Le Comte Luitpold n'aura donc pas réussi le tour de force de succéder à son père et à son grand-père » commenta Teclis.

Ni à réaliser son rêve de fonder une dynastie régnante, se félicita Volkmar. En changeant son vote à la faveur de Gerof, il avait chamboulé la tradition. Il risquait désormais un schisme dans son église et une probable désunion avec les maison Schliestein. Mais c'était le seul moyen de faire barrage à Luitpold, et il savait avoir fait le bon choix.

Volkmar fit un geste énigmatique avant de changer de sujet.
« Vous prétendiez posséder des informations importantes... »
« Il est vrai. Voilà. Les derniers rapports des Sentinelles ont rapporté de sombres nouvelles. Les hordes de maraudeurs se regroupent dans les Landes des Brumes et par-delà les Montagnes du Crépuscule. Sous l'influence de nouveaux chefs portant la marque de la Grande Ennemie, de nombreux clans ont mis de côté leurs anciennes querelles et rebâtit les Forges de Givre d'où sortent désormais armes et armures en nombre. En outre, et je tiens cela de source sûre, trois champions ténébreux sont en ce moment à Zharr Naggrund où ils négocient la construction d'un Canon Démon. »

Volkmar frissona un instant en repensant à cette machine infernale et aux horreurs qu'elle avait fait pleuvoir sur eux pendant la guerre contre Archaron.

« Cela ne peut signifier qu'une seule chose, j'imagine... »
« Hélas oui, Saint Père. L'Ombre se regroupe pour frapper. Etant donné leurs préparatifs, il est probable que les hordes du Chaos descendront du nord d'ici douze à dix-huit mois. »

L'Empire n'est pas prêt, pensa le Saint Père. Mais dans douze mois, il pourrait l'être. A condition que le futur Empereur en fasse sa priorité. C'est pour cela que Teclis est venu me voir, réalisa Volkmar. Gerof est jeune, il n'a jamais fait face à une invasion du Chaos et Teclis veut qu'il soit épaulé pour y faire face.

« Voilà de bien tristes nouvelles » murmura le Saint Père. « Nous apprécions votre loyauté, Grand Maître. Soyez assuré que l'église aura à coeur de soutenir le nouvel Empereur dans cette épreuve. Nous regrouperont nos forces et avec l'aide de Sigmar gagneront cette nouvelle bataille! »
« Bien. Je vais donc prendre congé et vous laisser à vos prière Saint Père. Bonsoir. »

En un instant, après un bref salut, Teclis était sorti, laissant son hôte interdit ! Voilà Teclis dans toute sa splendeur, ronchonna Volkmar, avant de devenir songeur ; les nouvelles qu'apportait l'Archimage étaient certes importantes, mais ne justifiaient en rien qu'il se déplace en personne. Que cachait-il ? Demain, il ferait envoyer des espions pour savoir ce qui se tramait et des émissaires vérifier le rapport des Sentinelles. Demain, car ce soir il lui restait une dernière tâche à accomplir.

Enfin seul, Volkmar tira les verrous de son bureau, ôta sa chasuble et se plaça devant un miroir. De son corps autrefois musculeux et robuste, il ne restait malheureusement que de maigres ruines. Il souleva son bras gauche, révélant un large pansement noirâtre maintenu sous l'aisselle par un bandage. En serrant les dents il dénoua les bandes et ôta le linge, révélant une large plaie purulente et douloureuse. Le Saint Père se saisit d'un petit coutelas qu'il fit rouler de longues secondes au-dessus d'une flamme de bougie pour en chauffer la lame. Il dirigea ensuite la lame vers son aisselle d'une main assurée. Au centre de la plaie, un petit tentacule d'une demi douzaine de centimètres frémit puis s'agita frénétiquement. Sans hésiter, Volkmar plongea la lame et excisa l'infâme pédoncule qu'il jeta dans le feu. Comme chaque soir, le maître du culte goûta avec délectation la douleur née de l'excision, comme un pécheur goûte au martyr préludant à la rédemption. Puis il pansa la plaie et cacha sous sa chasuble cette marque honteuse qu'il tentait vainement d'effacer par le feu, le fer et la prière depuis bientôt vingt ans.

Loin, très loin, Be'lakor était plongé dans l'esprit de Volkmar dont il goûtait avec délice la souffrance et le désarroi. « Quel dommage que tu n'aies jamais su apprécier mon cadeau, Volkmar ». Le Sombre Maître ouvrit ses larges mains griffues, faisant apparaître dans les airs une rune de feu aux entrelacs complexes. Be'lakor contempla un instant la rune qu'il avait forgé 24 ans plus tôt. Il avait alors rendu la vie à Volkmar et contaminé à cette occasion le Grand Théogoniste avec un Don du Chaos, germe de mutations terribles capables de transformer un homme en Enfant du Chaos. Mais le Prince-Démon avait besoin que Volkmar reprenne et conserve sa place à la tête du culte de Sigmar. Be'lakor avait donc forgé une rune qui, par sa simple existence limitait drastiquement l'évolution du Don du Chaos, permettant au Grand Théogoniste de cacher sa corruption. Le Sombre Maître adressa à la rune un sourire mauvais, et d'un seul coup de griffe la déchira en deux, brisant son pouvoir.

« Maintenant, occupons nous de ce maudit Archimage elfe... »


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MessageSujet: Re: Chroniques   Jeu 16 Sep - 14:34


2 mois plus tard...
Palais Ducal de Nuln, début du printemps 2551 CI.

L’air était vif et le soleil brillait d’un éclat crû. Une belle journée de printemps s’annonçait. Bien protégées sous leur écrin de verre, les fleurs de la Duchesse allaient profiter des bienfaits de l’astre du jour et entamer leur première floraison de l’année. Les serres ducales étaient l’une des grandes réussites de l’ingénierie de Nuln. La gigantesque verrière constituant la serre semblait être d’un bloc, car on distinguait à peine les poutrelles en acier doré qui tenaient l’ensemble. Mais la vraie merveille était cachée dans ses entrailles : un système complexe de pompes et de fours assurant l’irrigation de la serre, mais aussi en gaz afin de maintenir à température les différentes parties de la serre par une savante répartition de brûleurs.

Ignorant ce joyau de l’ingénierie humaine, le Comte Gerof Von Leibwitz semblait admirer le panorama depuis le sommet du palais ducal. Mais son esprit était bien au-delà des toits couverts de givres et de ses cheminées fumantes, au-delà même de la vallée où s’écoulait paresseusement les fleuves Reik et Aver. Gerof bouillait d’impatience et de colère dans une attitude faussement contemplative. Il attendait l’avis de sa mère sur la missive qu’il venait de recevoir.

Tranquillement assise, la Comtesse Electrice Emmanuelle observait son fils. Elle avait posé à côté d’elle son sécateur et le regardait fièrement. Elle n’ignorait pas le trouble qui l’agitait et ne pouvait qu’admirer le contrôle qu’il parvenait à s’imposer malgré la gravité de la situation. Il était son digne héritier, à elle, l’étrangère, que la mort prématurée de son époux avait propulsé à la tête du Wissenland. Ses origines Tiléennes lui avaient barrées l’accès aux plus hautes sphères du pouvoir et c’est donc comme régente qu’elle avait poussé ses pions. La douairière. Tel était le sobriquet dont on l’avait affublé dans son dos. Mais nul n'osait l'appeler ainsi de face, car la Comtesse était une redoutable adversaire politique. De son pays natal, elle avait gardé un goût certain pour le pouvoir ainsi qu’une bonne connaissance sur les milles façons d’y accéder et de le garder. Elle avait toujours su qu’on lui refuserait d’aller plus haut que les droits hérités de feu son époux et s’était donc échinée depuis des années à préparer le terrain pour son unique enfant. Avec patience et amour, elle avait fait de ce dernier un magnifique animal politique, digne de prendre ce qui lui avait toujours été refusé. Bien qu’il ait beaucoup pris du côté Tiléen et pouvait paraître fluet en comparaison des fils de la noblesse impériale, il n’en était pas moins un homme accompli qui compensait son manque de carrure par un talent d’orateur très sûr et une force d’âme de grand chef. Ensemble ils surmonteraient cette nouvelle épreuve qui semblait vouloir leur arracher ce qui avait été leur objectif principal jusqu’ici : l’accession au trône impérial.

« Bien que le vote ait déjà eu lieu, Luitpold est tout à fait dans son droit d'en contester la légitimité puisque le couronnement n’a pas encore eu lieu. L’impensable corruption de Volkmar par le Chaos jette un doute terrible sur un suffrage qui t'est favorable. Evidement, si un nouveau scrutin devait avoir lieu, son issue ne ferait aucun doute. Essmer, le nouveau Grand Théogoniste, est un conservateur. De plus, on peut penser que sa voix n’ira pas au même candidat que celui choisi par son prédécesseur. Afin de redorer son blason souillé, le culte Sigmarite votera cette fois d’une même voix pour notre rival. »
« Je sais tout cela mère », explosa enfin Gerof. « Comment ce prétentieux de Luitpold peut-il nous proposer de m’éviter l’humiliation d'une destitution par la force en me forçant à appeler un nouveau vote ? Ce sang bleu sait bien qu’il a désormais toutes les cartes en mains, puisque même nos anciens alliés vont désormais hésiter à nous renouveler leur soutien. La déchéance de Volkmar nous éclabousse et renoncer à la couronne sous la menace d’une guerre civile revient à me demander de me saborder publiquement ! »
« Son excès de confiance peut cependant être retourné contre lui. Il nous serait possible de gagner suffisamment de temps pour battre le rappel de nos électeurs et d’en rallier au moins un autre à notre cause. »
« Je crains surtout qu’il ne voit dans ces actions qu’un aveu de notre part. Il en profitera pour s’asseoir sans attendre sur le trône d’Altdorf et se fera proclamer empereur avec le soutien de ses partisans. Il n’y a pas que vous qui ayez des yeux et des oreilles hors de ce château. Je sais de source sûre que Luitpold a d’ores et déjà organisé une levée en masse de ses forces. Nombres d’ordres de chevaliers se sont déjà ralliés à lui et battent le rappel de leur membres. Je crains que la proximité du trône n’amène Luitpold à commettre des folies. »
« Je suppose que ta source de renseignement se nomme Erik? », avança ingénument Emmanuelle.
« Quelle meilleur informateur que le propre fils illégitime de mon prétendant ? »
« Certes, mais il aurait dû aussi te dire que lancer une guerre entre le Reikland et le Wissenland serait un suicide pour lui. Les relations avec les barons bretonniens sont exécrables et les deux campagnes menées contre les rois brigands au sud de Marienburg ont laissé son armée régulière exsangue. Dans ces conditions, venir mettre le siège à Nuln et espérer obtenir une victoire rapide est militairement vain, à moins qu’il n’ait dans sa poche une arme secrète capable de faire oublier que l’avantage des canons est de notre côté. »
« Vous pensez donc que cette levée du ban n’est qu’une façon de donner plus de poids à sa demande d’un nouveau vote. »
« Oui. Même si on ne sait jamais avec ce genre d’homme. La proximité du pouvoir peut pousser aux pires extrémités. Il doit cependant attendre une réponse sous peine de passer pour un belliciste et un dangereux opportuniste. Mieux vaut donc pour nous lui donner du grain à moudre et des raisons d’espérer. Envoyons-lui sans tarder une délégation afin de commencer à négocier un accord. J’ai parmi nos courtisans un homme qui se fera un plaisir de transformer cette discussion en une âpre querelle juridique. Cette ambassade nous permettra aussi de voir qui sont les plus fervents soutiens de notre ennemi et de lancer avec eux des discussions secrètes afin de savoir à quelles conditions il nous serait possible d’en retourner un ou deux en notre faveur. »
« Je vois que vous avez déjà bien avancée sur la question. Oui, nous ferons comme vous le suggérez mère. Mais je vais aussi donner des ordres pour que nos forces se mobilisent afin que tous puissent constater que nous ne nous laisserons pas faire. Pour le reste, procédez à votre façon pour l'instant ; je vous demande seulement de me tenir informé. »

Sur un signe de tête plein de respect, Gerof, plus déterminé que rassuré, pris congé de sa mère. Il savait que la passion horticole de sa mère était sincère, mais qu'elle avait aussi de plus sinistres applications.

Lorsque son fil fut sorti, La Comtesse se tourna vers un buisson.
« Vous avez tout entendu Sebastos ? »
« Certes Madame », répondit l’homme en sortant du couvert d’un hibiscus du lointain Nippon. « Je ne peux que confirmer les craintes du Comte quant aux velléités hégémoniques de son cousin. Concernant le culte de Sigmar, il y a bien peu de chance de pouvoir le circonvenir en votre faveur… à moins qu’un nouveau malheur ne se produise. »
« C’est là une carte à ne jouer qu’en dernier recours. La seule consolation que nous pouvons avoir c’est que nous sommes à présent tout à fait sûrs du vote d’Ulrich. Qu’en est-il de nos amis de l'Ostland et du Stirland ? »
« Je crains, Madame, ne pas pouvoir vous apporter de bonnes nouvelles à leur sujet. Le Comte Von Raukov semble se servir de votre dernière donation pour acheter les services d’étrangers et les bonnes grâces de riches marchands. La loyauté du Comte envers l’Empire lui-même paraît désormais douteuse et il se pourrait bien qu’il attende le début de la guerre civile pour se déclarer neutre et faire sécession. Il est possible qu’il puisse à nouveau être acheté, mais le prix risque d’être élevé. Pour le Stirland, j’ai peu d’espoir puisque la région mobilise elle aussi en masse suite aux visites d’ambassades des Holswig Schliestein ces derniers jours. Sa défection est malheureusement des plus probable. »
« Il semble donc que nous allons bientôt pouvoir compter nos alliés sur les doigts d’une seule main. Sebastos, voici tes ordre: continue nos démarches auprès de la cour du Stirland et de l’Ostland. Si nous ne pouvons plus compter sur leur soutien, peut être pourrons nous obtenir leur abstention. Je souhaite aussi que tu trouves de nouveaux contacts à la cours du Nordland. Cette province souffre autant des maraudeurs et des nordiques que l’Ostland. Il y a certainement un moyen de faire voir à ses dirigeants les avantages qu’une entente pourrait leur apporter. Va maintenant. »

« Très bien Madame, ce sera fait. »

L’espion reparti comme il était venu, en empruntant les coursives d’entretien de la serre, laissant la duchesse à ses travaux de bouture et de taille. Tout cela est bien étrange se dit-elle. D’abord tout semblait se dérouler pour le mieux et maintenant l’écheveau complexe des manipulations et des services qu’elle avait mis des années à tisser s’effondrait en quelques jours. Il lui semblait qu’une force agissait en sous main d’une façon plus subtile qu’elle, pour son bénéfice dans un premier temps et désormais contre elle. Peut être lui faudrait-il en venir à des solutions plus extrêmes dont elle ne pourrait même pas parler à son fils ?

Un mauvais coup de sécateur trancha la délicate rose orangée que la duchesse était en train de manipuler. Emmanuelle s’arrêta pour contempler le fruit de son travail anéanti et elle se dit qu’effectivement son fils et elle avaient beaucoup en commun.
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MessageSujet: Re: Chroniques   Mer 6 Oct - 4:49


3 mois plus tard...
Wutbad dans le Stirland, milieu de l'été 2551 CI.

L’auberge Les Lances Croisées de Wurtbad est célèbre à travers tout l’Empire pour sa démesure. La salle principale est si vaste qu’on peut penser être dans la salle de banquet d’un château, si ce n’est le sol de terre recouvert de paille. On y entre par une porte de grange. Ses murs composés de grosses pierres de taille se terminent par d’impressionnantes poutres extraites d’arbres dont a du mal à imaginer la taille. L’espace y est tel que deux cavaliers peuvent y jouter à leur aise et c’est effectivement ce qui arrive de temps à autre.

Ce soir, la salle est bondée. La majorité des tables sont occupées par des soldats de fortunes et des soudards de tous horizons en quête d’une embauche. La myriade de serveuses arrive cependant à satisfaire tout ce monde et, sous l’œil vigilant des gros bras du service d’ordre, à se faire respecter et payer par tous. Il faut de toute façon être bien sot pour déclencher un esclandre dans une salle bondée d’hommes d’arme prêts à montrer leur valeur. L’alcool aidant, on n’est cependant jamais sûr de rien.

« Une vraie boucherie, voilà qu’est-ce que j’dis ! » proclama avec force un soudard Estalien borgne déjà bien aviné. Son camarade, un mercenaire Tyléen surnommé « gueule d’amour », probablement à cause de tout l’or qu’il avait dans la bouche, continua immédiatement pour tenir leur auditoire en haleine.
« Faut dire qu’c’était une sacrée provocation que d’rapatrier à Nuln les canons prêtés pour défendre le Col de la Hache. Sûr que l’Comte Luitpold n’a pas apprécié que cet efféminé de Comte Gerof lui enlèvent ses jouets. »
« Sûr ! » approuvèrent avec force hochements de têtes les autres soldats. L’Estalien et le Tyléens savaient que tant que leur histoire serait bonne, leurs chopes ne désempliraient pas.
« Ben si vous voulez savoir tout c’qui c’est passé, » continua-t-il d’un air d’un air de confidences, « on peut vous le dire puisqu’on était, comme qui dirait, aux premières loges ». Un soldat rempli leurs chopes comme pour l’inviter à continuer.
« En plus d’une belle lettre pleine de sceaux et de grosses lettrines, l’efféminé avait envoyé tout un foutu contingent de ses chevaliers chercher ses canons à la redoute du Col de la Hache. Devant tant de persuasion, l’capitaine du fort a préféré rien faire sur le coup et leur rendre les canons. Mais ses estafettes ont prévenu le Comte Luitpold sans tarder. Comme tout l’Reikland est sur le pied de guerre depuis que de l’archidiacre Volkmar est en puanteur de pestilence, ça a pas été bien long avant qu’une petite armée se lance à la poursuite du train d’artillerie. Les copains et moi, on faisait parti du bataillon qui a bloqué la route afin de stopper le convoi. Y’s’ont bien senti le coup venir les hommes à la livrée noire et ils ont pris position sur une petite colline et ont renforcé la position et fissa. Du coup, quand les chevaliers de Luitpold se sont pointés, les choses étaient plus aussi simples que prévues. Sur le coup, on savait pas qu’une armée de Nuln était en train de monter depuis le Wissenland pour faire jonction avec le train de canons et on a pas compris l’ordre d’attaquer qui est immédiatement tombé. »

Comme pour donner une dimension dramatique à ce qui allait suivre, l’homme fit une pose et termina d’un trait sa bière. « Attaquer une batterie, c’est pas de la tarte, mais quand elle est retranchée en haut d’une colline et vous envoie de la mitraille, ça devient vite intenable. On se doutait bien qu’les généraux se servaient des piétons pour détourner le tir des canons pendant que les chevaliers se rapprochaient à revers, sauf que nous on se considère pas vraiment comme de la chaire à canon. Du coup, j’avoue que j’ai béni le tireur qui a fait sauté la tête de not’fanfaron de sergent qui voulait continuer à nous faire avancer. Grâce à lui on a pu rester planqué dans le talus pendant que la mitraille continuait de pleuvoir. Des trucs comme les Feu d’Enfer, ben faudrait qu’les gars du clergé pondent une bulle pour interdire de s’en servir contre les autres hommes. C’t’arme là elle vous étend d’un coup tout un paquet de gars d’une façon pas propre du tout. Le pire c’est qu’y sont pas tous morts et qu’ils se mettent à brailler comme des bébés appelant leur maman. Même un répurgateur aurait pas pu nous convaincre de reprendre l’assaut. Par contre, d’la où on était, on a bien pu voir toute la suite. »

Son godet s’étant à nouveau rempli, le Tyléen s’y humecta les lèvres avant de finir son récit. « Avant qu’on se fasse totalement repousser, les chevaliers ont donné la charge avec Erik, l’bâtard de Luitpold, en tête. Ils ont réussis à atteindre la redoute en essuyant pas trop de bobos. Du coup on est sorti et ont les a rejoint histoire de participer à la petite fête et de garder pour nous quelques souvenirs, si vous vous voyez c’que j’veux dire » dit gueule d’amour en faisant un large sourire qui dévoilé ses dents en or. « Sûr que les gars du Wissenland y z’ont pris pour cher, parc’qu’on était quelques uns à vouloir leur montrer qu’on n’avait pas bien apprécié s’faire tirer comme des lapins. Du coup, c’est dans leur camp qu’ça c’est mis a saigné et y pas grand monde qu’en est sorti vivant. »

« Et pour Erik ? », s’enquit un étranger qui écoutait discrètement depuis le début.
« Ben j’crois bien que j’l’ai vu repartir sur une civière. A faire le malin en première ligne, c’est pas étonnant qu’il ait ramassé un mauvais pruneau. C’est son paternel qu’y va pas être content s’il perd son meilleur meneur alors qu’la guerre semble inévitable. Enfin bref, on n’sait pas trop comment ça s’est fini pour lui parce qu’alors on commençait à passer aux choses sérieuses : l’avant-garde de l’armée du Wissenland s’est pointée à ce moment là. Vu c’qu’on venait de faire à leur copains, moi et les gars on n’a pas demandé notre reste et pis surtout qu’fallait pas compter sur nous pour se servir des pétoires. C’est pas not’partie. Du coup on a préféré redevenir des mercenaires. »
« Et vous avez eu parfaitement raison, car mieux vaut être vivant les poches vides que l’inverse », commenta l’étranger en vidant le contenu d’un énorme pichet de bière dans les chopes de la tablée. « T’as pas rien dit là ! » renchérir les autres convives.

Plus tard dans la nuit, un hibou en chasse hulula alors que l’étranger quittait la route pour s’avancer d’un pas assuré dans le sous bois et ses ténèbres. Rien ne valait les informations recueillies de premières mains. L’affrontement entre les armées du Reikland et du Wissenland avait clairement dépassé l’incident de frontière entre régions Impériales. La guerre était bel et bien ouverte. L’étranger se dit que l’on pouvait décidément toujours compter sur l’arrogance et l’honneur mal placé des nobles pour voir les choses s’envenimer rapidement. D’une façon générale on pouvait toujours s’appuyer sur les vices et les égarements du libre arbitre pour mener les hommes là où on souhaite qu’ils aillent. Tout l’art était d’amener la raison à considérer la satisfaction du désir comme la meilleure voie possible. Une fois le processus enclenché, il était stupéfiant de voir les trésors de malice et de ténacité que pouvait déployer les hommes pour arriver à leur fin, allant même jusqu’à se justifier de bonne foi s’il advenait que leurs desseins étaient mis à jour. A ce petit jeu de manipulation, l’étranger était un maître.

Il lui fallait désormais se hâter afin de s’assurer que la partie suivante de son plan se déroulait correctement et porterait un nouveau coup dur à l’unité impériale. Le petit cadeau qu’il avait fait à ses compagnons de boisson d’un soir n’arriverait pas à maturité avant que le sud de l’Empire ne bascule dans l’horreur d’un fléau comme il n’en avait jamais connu. Les ordres donnés depuis des semaines avaient déjà été exécutés par les sectateurs de Nurgle ses zélotes les plus fanatiques. Cette nouvelle plaie serait le point d’orgue de ses machinations commencées il y a une génération déjà avec la corruption du plus saint des serviteurs de Sigmar. Dans peu de temps, l’Empire ne serait plus le maître de son propre destin.

Estimant s’être suffisamment éloigné, l’étranger murmura quelques paroles impies qui firent frissonner la nuit elle-même. Alors qu’il continuait d’avancer d’un pas sûr, des filets vaporeux couleur fuligine jaillirent des ombres et commencèrent à tourbillonner autour de lui en une masse toujours plus dense, jusqu’à le recouvrir. Soudainement, la brume noire se dissipa, comme chassée par le vent, sans bruit mais dans une écœurante odeur de soufre. Là où l’étranger s’était tenu, il n’y avait plus rien. C’est sa façon toute personnelle de voyager rapidement et discrètement en marchant dans les ombres vers une destination connue de lui seul. Bientôt, très bientôt, il pourrait abandonner son costume charnel et retrouver sa véritable identité, celle de Bel’akor, que tous appelleront bientôt le dévoreur d’âmes.

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MessageSujet: Re: Chroniques   Mer 6 Oct - 14:48


6 mois plus tard...
Ville fortifiée de Bolgasgrad, Royaume de Kislev, fin de l'hiver 2552 CI.

Bolgasgrad était une petite ville fortifiée tranquillement assise sur la steppe enneigée entre deux bras du Lynsk, précisément à l'endroit où le fleuve se séparait en deux. Bolgasgrad était une ville des plus modestes, remarquable uniquement par sa bière et son temple. Sa bière était surnommée « pisse d'âne » et avait la réputation d'être la pire boisson de tout le Vieux Monde. Quand au temple des Anciens Alliés, il s'agissait d'un très ancien temple de bois, voué à deux obscures divinités du Chaos incarnant le paradoxe du Chaos luttant contre lui-même : Necoho le Sceptique et Zuvassin le Dé-faiseur. Mais presque personne ne venait à Bolgasgrad pour sa « pisse d'âne » ou pour son temple. Les voyageurs passaient à Bolgasgrad uniquement parce qu'elle était le point médian de la route Erengrad-Praag et Erengrad-Kislev. Les voyageurs passaient, mais ils ne restaient pas plus d'une nuit ou deux, et il n'y avait donc jamais foule.

Pourtant, en cette fin d'hiver, il y avait foule à Bolgasgrad. Et c'est cette foule, justement, qui intéressait Malak, l'Emissaire Noir de Be'lakor, le dernier survivant des Oracles corrompus de l'île d'Albion. Juché sur un étalon noir, Malak remontait lentement la colonne interminable des réfugiés qui serpentait sur la route jusqu'aux portes de la ville. Ils étaient des milliers, et plus encore dans Bolgasgrad, attendant pour pénétrer dans le temple. Tous ces réfugiés partageait une chose : la Lèpre Rouge.

Au milieu de l'automne 2551, comme l'avait planifié le Maître Ténébreux, des épidémies de lèpre s'étaient déclarées dans plusieurs villes et villages du Stirland et du Talabecland. Ce qui semblait au début n'être qu'une lèpre ordinaire, facilement contenue, a rapidement pris un tour beaucoup plus sinistre. Après quelques semaines, les lépreux commençaient à perdre leurs doigts, leurs orteils, leur nez et leurs oreilles. Et à la place, il leur poussait d'infâmes appendices violacés ou d'autres mutations impies. L'Inquisition plaça tous les malades en quarantaines le temps de trouver une cure, mais, aux premiers jours de l'hivers l'épidémie explosa littéralement, échappant à tout contrôle. Comme l'enquête le montra par la suite, une secte de Nurggle avait contaminé des lots de grain et de bière de plusieurs coopératives alimentant tout le sud-est de l'Empire. Là où les lots étaient consommés, l'épidémie se répandait comme un feu de paille. Rapidement les malades se comptèrent en dizaine de millier, et l'Inquisition décida de les incinérer de force pour juguler l'épidémie. Pire, les villes trop fortement touchées étaient brûlés avec tous leurs habitants, sans distinction!

Pour ajouter au drame, tout le grain en provenance des coopératives devint suspicieux, et il fût décidé d'incinérer la grand majorité des réserves. Il en résultat évidement une terrible famine dans le Stirland, le Talabecland et la Ligue d'Ostermark, famine causant par la suite des émeutes et autres troubles graves.

Au plus fort de l'hiver il se rependit la rumeur que les lépreux faisant le pèlerinage jusqu'au temple des Anciens Alliés pour y traverser la Flamme de Zuvassin étaient soignés de la Lèpre Rouge et des mutations. Lorsque la rumeur se vérifia, les lépreux de tout l'Empire se mirent en chemin. Et ceux qui hésitaient étaient mis sur les routes de force par les milices et l'Inquisition. D'autant que comme pour ajouter à la légende, les habitants de Bolgasgrad semblaient immunisés à la maladie, aussi ouvrirent-il grand leurs portes aux malade, et à leur argent... Depuis des semaines, ces pèlerins, ces réfugiés affligés de Lèpre Rouge se massaient à Bolgasgrad et faisaient la queue des jours en attendant leur tour pour pénétrer dans le petit temple saturé où, un par un, ils faisaient don de leurs biens aux prêtres - lesquels prétendent évidement qu'il s'agit d'un acte de purification nécessaire pour obtenir les faveurs du dieu - avant de franchir la Flamme salvatrice et d'en émerger guéri. Guéri des mutations, mais le miracle de Zuvassin n'allait pas jusqu'à rendre à ces malheureux les doigts, orteils, oreilles et bouts de nez perdus. Les voies du chaos sont impénétrables...

Malak contempla la marée humaine des réfugiés d'un air satisfait. Ils étaient entre douze et quinze mille, et il en arrivait tous les jours des milliers. L'Emissaire Noir tira sur les rênes et fit faire demi tour à sa monture qu'il lança au galop vers l'est, où l'attendaient ses lieutenants et leurs armées.

L'Emissaire Noir avait le don de lire dans la trame changeante du destin le passé, le présent et l'avenir. Et ce qu'il voyait désormais le fit sourire d'aise. Enfin les fils patiemment tirés par son Maître depuis tant d'années s'étaient noués selon un motif qui annonçaient la fin de l'âge des hommes. Tout était désormais en place: l'Empire était miné par la guerre de succession, la maladie, la famine et les émeutes ; Bolgasgrad débordait de lépreux qui leur seraient bientôt très utiles ; et partout, les Chiens de Guerre piaffaient d'impatience, n'attendant plus que le signal convenu pour fondre sur l'Empire. Ce signal c'était le début du siège de Bolgasgrad, et c'est à Malak, son plus fidèle serviteurs, que Be'lakor en avait donné la charge tandis qu'il était occupé très loin dans l'est à orchestrer la suite de son plan.

Lorsque plusieurs heures plus tard il rejoint le camp caché des Chiens de Guerre, Malak ordonna que Bolgasgrad soit prise avant deux semaines, avant que Praag ou Kislev aient le temps d'envoyer des renforts importants. Des milliers d'hommes, d'orcs, de mercenaires et de bandits se mirent alors en branle vers la cité ignorant encore tout de son sort.

La guerre contre l'Empire pouvait commencer!


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MessageSujet: Re: Chroniques   Mer 6 Oct - 14:55

Voilà qui achève le Prologue de Tempête d'Âmes.
La narration de l'Acte 1 débutera le 15 octobre avec le début de la campagne.
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MessageSujet: Re: Chroniques   Mer 13 Oct - 15:51


Le lendemain
Ville fortifiée de Bolgasgrad, Royaume de Kislev, fin de l'hiver 2552 CI.

Dans un dernier effort, s'aidant de son sinistre bâton, Malak se hissa au sommet du promontoire rocheux qui surplombait la plaine de Bolgasgrad. La nuit était fraiche et la lune énorme et rousse glissait dans le ciel nocturne d'un air indifférent. Tandis qu'il reprenait son souffle l'Emissaire Noir balaya du regard les terres désolées alentours: les carcasses des tours de siège gisaient au sol, pareilles à des géants foudroyés, avec pour seule compagnie les centaines de cadavres d'orques et de maraudeurs qui les avaient courageusement mené à l'assaut ainsi que le dragon terrassé lors de la l'ultime tentative de percée. A une portée de flèches se tenait Bolgasgrad, les remparts illuminés par les feux d'alarme des sentinelles. D'ici il distinguait à peine les ingénieurs et les volontaires qui réparaient avec acharnement les murs croulants. Malak jugea que ces hommes accroché à la vie comme une tique à un chien galeux étaient pathétiques. Pathétiques et agaçants.

L'Émissaire Noir plongea un instant dans ses visions et fouilla une énième fois les brumes du temps en quête du destin de ces fous. Il vit pour eux le même sort qu'il avait vu des centaines de fois déjà. Leur futur n'était que souffrance et folie. Et c'était pour lui une véritable victoire qui lui donnait la force de se préparer à annoncer son échec et à en subir les conséquences.

Enfin prêt, l'Emissaire rejeta en arrière les pans de sa longue robe noire et planta d'un geste résigné la lame de son bâton dans le sol. Il s'agenouilla cérémonieusement et murmura les paroles rituelles d'une voix rauque.
« Be'lakor Nihilio Mul'Jaedir,
Maître des Ténèbres,
Prince du Onzième Calvaire,
Toi qui arpentes les Ombres,
Je t'appelle d'esprit à esprit,
Entend ma supplique,
Et manifeste-toi ici,
Devant ton humble serviteur. »


Brutalement la nuit s'immobilisa, silencieuse, angoissé, comme à l'affut d'un indicible danger. Après une attente crispée, une langue de vent sinueuse remonta la plaine d'est en ouest, tel un serpent cyclopéen et invisible bousculant les herbes et les arbres. La vague remonta le long du promontoire et se regroupa devant Malak en une masse fuligineuse, immense et tourbillonnante, gagnant chaque instant en densité et en vitesse jusqu'à devenir une petite tornade de ténèbres qui, d'un coup d'un seul, se dispersa en bandes de brumes sombres. A la place se tenait un homme d'âge mûr, la peau sombre et les cheveux de geais, portant un costume de soie aux étranges couleurs ainsi qu'une épée recourbée dont le pommeau était décoré d'un démon à quatre bras. A travers ce déguisement l'Émissaire distinguait en sur-impression le corps éthéré, immense, massif, griffu et ailé de son maître.

Be'lakor tourna sur son serviteur son regard de braise, profond comme le néant et brûlant comme l'enfer et s'adressa à lui d'une voix de forge:
« Tu m'as appelé. Ainsi la cité à tenu. »
Malak acquiessa et Be'lakor continua
« Sur qu'elle route marchons-nous Malak? »
Malak, se remémora les nombreuses visions qu'il avait eu. La bataille de Bolgasgrad avait toujours été un écheveaux de possibilités dans ses visions, un nœud de probabilités aux embranchements multiples et difficilement prévisibles. Il avait donné à chaque embranchement un nom correspondant à l'évènement qui causait sa réalisation.
« Nous sommes sur la route du dragon décapité mon Maître. »
Be'lakor sembla pensif un instant. Cette route n'était ni la meilleure ni la pire. Mais il avait confié à Malak la mission d'obtenir un destin plus favorable, et il avait échoué. Il devait être puni.
« Tu as déjà vu quel serait le prix de ton échec, n'est-ce pas? » demanda Be'lakor sur un ton qui n'invitait aucune réponse; Malak se contenta d'acquiescer. « Bien. Tu sais donc ce qu'il te reste à faire. Va à Altdorf, trouve le Vrazj-R'li et prépare ma venue. Ensuite tu recevra ta juste punition. Va ! »
« J'entends et j'obéis mon Maître » dit l'Emissaire Noir d'une voir moins assurée qu'il ne l'aurait voulu. Il se redressa, récupéra son bâton et parti à reculons, tête baissée. Il savait qu'il n'avait pas le droit d'échouer. Réussir signifiait qu'il serait « seulement » puni pour son échec à Bolgasgrad ; il avait déjà vu cette punition et elle était terrible. Mais l'échec signifiait un destin pire que la mort. Il devait réussir...

Son serviteur parti, Be'lakor se tourna vers Bolgasgrad d'un air résolu. Il écarta les bras et prononça quelques mots impies. Des langues de feu se matérialisèrent au sol, consumant la roche et gravant onze cercles concentriques, chacun composé de vingt deux runes interdites dont la simple vue pouvait rendre fou un homme. Une fois son cercle de rituel prêt, le démon entonna de longues minutes durant le chant d'une sombre malédiction comme il n'en avait pas été prononcé sur cette terre depuis sept mille ans. La malédiction s'éleva dans l'air comme une nuée de chauves-souris, et s'envola en direction de la cité.

Ce qui se passa cette terrible nuit à Bolgasgrad n'est pas précisément connu car il n'en est resté aucun témoignage, aucune trace. Les seuls choses certaine, c'est que les habitants ont disparus, et qu'au petit matin, la cité appartenait aux Chiens de Guerre qui en ont fait leur base avancée.

Pour savoir ce qui s'est passé, il faudrait pouvoir interroger la lune, car elle a bel et bien été le seul témoin de ce drame. Et si elle pouvait répondre, elle vous dirait que cette nuit là, un pouvoir terriblement ancien et maléfique s'est abattu sur Bolgasgrad, a pénétré le corps, le coeur et l'esprit des lépreux, accélérant le mal qui les rongeait dans des proportions démoniaques, pour finalement transformer chacun d'eux en créatures du chaos ivre de rage et assoiffée de sang. Ceux qui étaient une heure avant des enfants, des femmes et des hommes en quête de rédemption, de misérable réfugiés, ceux-là étaient devenus une armée de monstres qui se sont jetés par millier sur les habitants de Bolgasgrad, leur faisant subir milles supplices pour finalement les dévorer. Alors que l'aube se préparait à darder ses doigts d'argents, le Maître Ténébreux pénétra avec son armée dans Bolgasgrad, sans rencontrer aucune résistance.

Be'lakor, toujours habillé du corps de cet étranger à la peau sombre, remonta les rues ensanglantées en direction du temple, escorté ses deux lieutenants et des centaines de ces monstres qui le suivaient tel des caricatures de chiens serviles. Le Prince Démon gravit les marches du parvis du temple et se dirigea vers ses grandes portes de bronze. Le temple des Anciens Alliés était une vénérable chapelle de bois surplombée d'une coupole arrondie. Il avait été érigé quatre siècles plus tôt en hommage à Necoho et Zuvassin, les seuls dieux du Chaos a avoir jamais été tolérés en Kislev. Necoho, le Contradicteur, incarnait le principe selon lequel les dieux ne devraient pas exister. Zuvassin, le Gaspilleur, était le dieu qui n'a de cesse que de défaire ce que les autres dieux font, qu'ils oeuvrent pour l'Ordre ou le Chaos. De mémoire d'homme, le temple des Anciens Alliés était le seul qui leur soit consacré dans tout le Vieux Monde.

Lorsqu'il pénétra dans le temple, Be'lakor se dirigea immédiatement vers l'hôtel de Zuvassin, une large pierre grise gravée de runes, au centre de laquelle brûlait une flamme éternelle. Il s'agenouilla et baissa la tête en signe de respect avant de s'adresser au dieu.
« Je me présente respectueusement devant toi, Ô Zuvassin, toi qui est le Gaspilleur, pour te remercier de l'aide que tu m'as apporté dans les Royaumes du Chaos face au Grand Architecte. Je me présente humblement, afin de traverser ton feu et purifier mon être de la malédiction du Maître des Changements. Quelle que puisse en être l'issue, je me soumet à ton jugement. »

Be'lakor se redressa toujours habillé de son corps mortel, et avança d'un pas résolu vers la flamme dans laquelle il pénétra tout entier. Immédiatement le feu lécha les chaires du démon qui se mirent à noircir et cloquer. Le Prince Démon se crispa, poussa de longs hurlements d'agonie et tomba au sol en gesticulant tandis que son corps se consumait, se réduisait en cendre. Enfin, le Maître Ténébreux émergea de sous les cendres, régénéré, libéré de la malédiction qui l'obligeait à voler des corps humains ou prendre une apparence éthérée depuis des millénaires. Il se redressa, dominant de plusieurs mètre ses lieutenants médusés, déploya ses larges ailes griffues, admira ses mains fortes et griffues et poussa un rugissement qui fit trembler les fondation du temple.

Be'lakor avait enfin pleinement recouvré sa forme physique et sa puissance. Plus rien ne l'empêchait de devenir le Dévoreur.
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MessageSujet: Re: Chroniques   Jeu 14 Oct - 15:41


Trois semaines plus tard
Quelque part dans les Montagnes Grises, premiers jours du printemps 2552 CI.

Le jeune commandeur Erik Holswig Schliestein encouragea son fidèle étalon à traverser les derniers mètres de l'escarpement rocheux sur lequel ils progressaient à tâtons depuis bientôt une heure. Après un dernier tournant délicat, Erik et sa monture atteignirent enfin une petite plateforme rocheuse où il purent reprendre leur souffle. Ils avaient atteint Pointe de Glace, l'entrée d'une passe désertique balayée par les vents glacials, en plein milieu des Montagnes Grise, à quelque deux mille mètres d'altitude. Le commandeur ôta ses gants de laine et fouilla sous sa cape de voyage d'où il tira une une lettre cachetée au plomb où était inscrit une seule phrase dans une écriture gothique:
« Rendez-vous au monastère des Sœurs de la Charité au dernier jour de la troisième lune – Le Conclave de l'Aube. »

Erik avait d'abord cru à une erreur, ou à une plaisanterie idiote. Et puis il s'était souvenu d'une journée huit années plus tôt, lorsque son grand-père l'Empereur Franz Karl l'avait convoqué dans ses jardins d'hivers. Assis sous son chêne favori, l'Empereur lui avait présenté une épée enveloppée de soie. C'était une arme extraordinaire, forgée par les nains, et l'un des douze Crocs Runiques.
« Voici Tueur de Bêtes. Elle Appartenait au Comte Electeur Konrad Aldrech avant sa mort et la destruction du Drakwald par les hardes d'hommes-bêtes. Depuis, Tueur de Bêtes sommeille dans l'armurerie impériale, attendant qu'un nouveau Comte règne sur le Drakwald. Mais je dois avouer, non sans honte, que nous avions perdu tout espoir que ce jour arrive. Nous nous étions résigné. Et ce, jusqu'à ton incroyable victoire. Mais en brisant deux des trois hardes infestant le Drakwald tu n'as pas seulement prouvé tes immenses qualités militaires, tu nous as surtout rendu l'espoir de reconquérir un jour ces terres perdues. Et l'espoir, mon enfant, est ce dont l'Empire à le plus besoin pour faire face à ses ennemis ! »

Karl Franz avait posé l'épée légendaire dans les mains du jeune chevalier.
« Erik, je veux que tu prennes cette épée. Par elle, je fais de toi le Bouclier de l'Empire et le commandeur de l'Ordre des Chevaliers de Feu-froid. »
Quoique surpris, Erik s'était agenouillé devant son Empereur en signe de soumission et de gratitude. Karl Franz avait posé une main paternelle sur son épaule.
« Une dernière chose mon enfant. En portant cette épée du deviens le messager du Conclave de l'Aube. Tu n'entendra vraisemblablement plus jamais parler du Conclave de l'Aube. Mais si cela devait arriver et que je ne sois plus là, accepte de les écouter, et ensuite agis selon ton coeur. »
Erik avait bien essayé de le questionner pour en savoir plus, mais son grand-père s'était muré dans un silence obstiné. Et comme il n'avait jamais plus entendu parler de ce mystérieux Conclave de l'Aube, il en avait oublié l'existence. Jusqu'à cette lettre...

Erik rangea la missive, remit ses gants et flatta son étalon avant de prendre le chemin de la passe de Glace. Après presque une heure à marcher contre le vent cinglant il arriva enfin au monastère. En fait de monastère il s'agissait d'un tout petit bâtiment à moitié en ruines, accroché à un pic rocheux et accessible uniquement par un minuscule chemin escarpé. Erik passa à côté d'un énorme rocher et s'engagea sur le chemin lorsqu'une voix caverneuse gronda derrière lui.
« Hé ! Où vas-tu étranger ? »
Erik fit volte-face pour se trouver face à un nain lourdement armuré et puissamment bâti brandissant un marteau de guerre des plus menaçant. D'instinct il dégaina Tueur de Bêtes et se mis en posture de combat.
« Haaaaaaa, la voici donc... Quelle merveille! » s'exclama le nain qui baissa son marteau afin de mieux lorgner sur l'épée runique, ignorant totalement celui qui la brandissait.
« Tueur de Bêtes, Neuvième Croc Runique, forgé par le Vénérable Maître des Runes Alaric le Fou ; offerte à Sigmar Helden-Hammer, Ami Des Nains, Empereur Des Hommes, en signe d'amitié éternelle entre nos deux peuples... » continua le nain visiblement ravi.

Erik se sentait un peu décontenancé par l'attitude étrange de ce nain qui, malgré sa petite taille était aussi imposant qu'une montagne. Il se racla la gorge et tenta de reprendre le contrôle de la situation, questionnant le nain sans toutefois baisser son épée :
« Nous n'avons pas l'honneur de nous connaître. Est-ce vous qui m'avez convoqué en ce lieu? »
Le nain leva les yeux, visiblement agacé de devoir s'intéresser à autre chose que l'épée. Il grogna, campa ses pieds dans le sol comme un un arbre plante ses racines et regarda Erik par dessous ses épais sourcils noirs.
« Je suis Maître Gorlin, fils du Roi Alrik Ranulfsson. Au nom des Nains sous Karak-Hirn je te salue! »
« Heu, enchanté Maître Nain. Je suis Erik Holswig Schliestein, commandeur de... »
« Oui, oui, bon; mais le plus important c'est que vous êtes le Porteur de Tueur de Bêtes! » insista le nain avec un respect non dissimulé. « C'est pour cette raison que le Conclave de l'Aube vous a convoqué chevalier. Suivez-moi je vous prie, nous n'attendions plus que vous. »
« Vous m'attendiez ? Et vous étiez dehors par ce froid pour guetter mon arrivée ? » s'exclama Erik un peu flatté.
« Grumph. Oui. » acquiesça Maître Gorlin en le guidant sur le chemin menant au monastère. « Et aussi un peu parce qu'il y a un elfe à l'intérieur. » ajouta-t-il en riant à pleins poumons.

---

Du monastère des Soeurs de la Charité il ne restait plus guère qu'une grande salle romane de grès gris, à moitié envahie par des Silènes des glaciers d'un rose éclatant. Six sièges formaient un large cercle et accueillaient le Conclave de l'Aube composé de six représentants des grandes race, chacun d'eux portant un artefact légendaire prouvant sa légitimité.

L'Archimage Teclis et une dame de compagnie de la Reine Eternelle siégeaient à l'ouest, portant respectivement le Bâton Lunaire de Lileath et l'Etoile d'Avelorn, deux présents de la déesse Isha à son peuple.

Les nains siégeaient en face, à l'est. Maître Gorlin portait le Heaume des Aigles de son père le roi Alrik Ranulfsson, et Josef Dur-comme-pierre représentait le Roi-Tueur de Karak Kadrin dont il portait la hache, Drago.

Au nord siégeait Jean Le-Pieu, fils du défunt Louen Coeur-de-Lion, que l'on dit béni par la Dame et qui portait l'Armure de Splendeur. Il semblait un peu perdu, tout comme Erik qui siégeait au sud et portait Tueur de Bêtes.

Comme il ne fallait froisser personne, et que Nains et Elfes se froissaient on ne peut plus facilement – surtout s'ils étaient dans la même pièce – le Conclave débuta par d'interminables formules de politesses visant à faire honneur à tous et à ménager les susceptibilités de chacun. Lorsque cela fût fait, Teclis pris la parole. Erik remarqua qu'il semblait miné par la fatigue et que sa main gauche était étrangement noire et rabougrie, comme si elle avait été calcinée.
« Après la défaite d'Archaron, nous avons fait le serrement de nous réunir si la Grande Ennemie devait à nouveau mettre nos races en grand péril. Le Roi Louen Coeur-de-Lion et l'Empereur Karl Franz ne sont plus, mais leur serment vivra à travers ceux à qui ils ont légué le symbole de leur confiance. » Il désigna avec respect Jean et Erik qui ne savaient toujours pas trop ce que l'on attendait d'eux.
« Tout nous mène aujourd'hui à croire que la Grand Ennemie prépare une nouvelle invasion, et que l'heure est venue de nous unir de nouveau contre elle. »

L'Archimage exposa ensuite les faits, parla des rapports des Sentinelles aux frontières du Chaos puis rappela la longue liste des troubles agitant l'Empire depuis bientôt deux ans, de la corruption de Volkmar à la guerre civile en passant par les épidémies, la famine et les émeutes. Il termina sur la mystérieuse chute de Bolgasgrad tombée aux mains d'un roi-brigand très puissant qui semblait associé aux dizaines d'armées de brigands mettant les frontières de l'Empire à feu et à sang.

Les nains se montraient sceptiques, mais après de longues discussion tout le monde fini par admettre que, mis bout à bout, tous ces évènements donnaient une perspective des plus sinistres et laissaient peu de doute quant à leur caractère planifié. Liés par leur longue amitié avec l'Empire, les nains, Gorlin en tête, furent les premiers à proposer un plan d'action.
« Faute d'Empereur avec qui négocier, l'Empire n'acceptera jamais notre aide. Et sans notre aide, alors que les Comptes se font la guerre, l'Empire risque fort d'être incapable de résister bien longtemps aux assauts qui se préparent. »
Tout le monde acquiesça.
« Par ma barbe, voilà bien une situation absurde ! Et ce serait plus absurde encore de l'accepter. Tappons les premiers, nous discuterons après ! Groupons nos armées, plaçons les aux frontières de l'Empire, et battons nous partout où les fils de Sigmar sont incapables de se battre ! Il y aura sans doute un Comte ou deux pour nous faire la morale et exiger que cesse notre ingérence, mais il sera toujours temps de discuter et au moins aurons nous limité les dégâts. J'ai dit ! »

Les elfes n'aimaient pas cette proposition car ils n'aimaient pas ingérence ingérer dans les affaires des autres et arguaient de problèmes logistiques insolubles. Mais après de longues discussions Jean et Erik estimèrent que c'était la seule chose à faire pour donner à l'Empire le temps dont il avait besoin. Il se rangèrent donc du côté des nains lors du vote, et les elfes plièrent. Suivirent de nouvelles et tout aussi longues discussions sur la stratégie à adopter, pour n'arriver à rien et conclure que chacun ferait la guerre comme il l'entendait.

Au moment de dissoudre le Conclave, les six se levèrent et déclarèrent leurs intentions :
« Nous, le Conclave de l'Aube, entrons ce jour en guerre contre la Grande Ennemie. Nous la frapperont partout où elle s'apprête à frapper que ce soit nous ou nos alliés. Nous ferons corps et ensemble vaincrons ! »

Les Elfes, les Nains, une province de la Bretonnie et les Chevaliers du Feu-froid entraient en guerre.
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MessageSujet: Re: Chroniques   Lun 25 Oct - 16:31


L’âme humaine est semblable à des braises. Certaines se consumeront solitaires et finiront étouffées par leurs propres cendres. D’autres seront attisées et embrasseront joyeusement les brindilles qu’on y jettera. Celles-ci deviendront un feu de joie et qui perdurera si il est bien alimentée en y ajoutant des buches qui donneront à leurs tours de nouvelles braises. Mais cela est rarement le cas. Généralement ces braises se consument simplement plus rapidement parce qu’elles ont brulé trop vite. Un véritable feu s’entretient avec beaucoup de savoir faire. Tout le souci est que rarement l’homme sait d’où vient ce souffle qui l’attise et quelle est cette main qui le nourrit, imaginant sottement que tout vient de lui-même.
Ces vingt dernières années...

Johann Leimster avait toujours été un rêveur. Depuis son plus jeune âge, il avait fait le désespoir de son père et de sa mère, de modestes artisans de Krugenheim. Alors que ses parents se privaient pour lui offrir des études qui lui auraient permis de devenir un clerc ou un scribe chez quelques riche marchand, Johann ne rêvait que de voyages extraordinaires et d’aventures en terres lointaines. Ses parents avaient cru que ses élucubrations lui passeraient avec l’âge, mais il n’en fut rien.

Arriva l’âge où Johann quitta brutalement le nid familial pour enfin connaître une vie d'aventure. S’enrôlant dans l’équipage d’un navire marchand, il accompli son rêve et navigua sur toutes les côtés habitées par des hommes, des comptoirs de Norsca la glacée jusqu’aux rivages brûlants de l’Arabie. Il combattit des monstres marins à cent tentacules, commerça avec des elfes au teint d'albâtre et aux yeux de cristal et contempla assez de merveilles pour remplir une vie. Mais cela ne lui suffisait pas. Johann avait besoin d'aller toujours plus loin et semblait attiré par la nouveauté et le danger comme un papillon de nuit l’est par la flamme de la bougie.

Son expérience et son éducation lui permirent de devenir aide navigateur et d'intégrer une expédition d'une centaine d'hommes se rendant en Lustrie, en quête d’un Eldorado, une cité perdue au milieu de la jungle, au sud la côte du Vampire dont on disait que même ses rues étaient pavées d'or ! Après un voyage périlleux l'équipage débarqué affaibli mais très motivé sur les rivages étouffants de la jungle. Il leur fallu deux jours de marche pour se frayer un chemin à traverser le mur végétal et enfin atteindre leur but. En fait d'Eldorado ils ne trouvèrent que de vieilles ruines déjà largement pillées et tout juste quelques objets en or d'une valeur ridicule par rapport aux frais de l'expédition. Mais le pire arriva à la nuit tombée lorsque des autochtones invisibles, dissimulés dans le fait des arbres, les criblèrent de traits de sarbacane empoisonnés. Paniquées, l'expédition pris la fuite, rapidement encombrée par de nombreux blessés dont l'état empirait en quelques heures tandis que le poison des dards dévorait leurs chaires et les terrassait de douleur. Alors que les fuyard allaient enfin atteindre l'orée de la jungle, ils tombèrent dans une ultime embuscade. De gigantesques créatures reptilienne émergèrent de la végétation et entreprirent de tailler en pièce les derniers survivants, trop épuisés et paniqués pour organiser une défense efficace.

Johann fut le seul survivant. Probablement les hommes-lézard l'avaient-ils laisser vivre pour qu'il raconte son histoire, pour que les hommes craignent leur jungle et leurs ruines sacrées.
Dans les ruines, Johann avait trouvé un étrange cylindre de bois gravé qu'il conservait précieusement. Bien qu’il ne connaisse rien aux glyphes, les dessins qui y figurait évoquaient clairement la côte nord ouest de l’Empire et d'étranges bâtiments, un peu comme s'il s'agissait d'une carte. De retour au pays, Johann fit jouer ses relations pour rencontrer des savants et de riches marchands et, malgré l’époque troublée que connaissait l’Empire, il réussi à trouver à monter une expédition en moins d'un an. Il allait être le premier à découvrir des ruines antiques perdues aux portes de l'Empire !

---

Quelques jours après la tenue du Conclave de l'Aube
Quelque part au nord ouest de l’Empire, dans les profondeurs de la forêt de Laurelorn, premiers jours du printemps 2552 CI.

La température était exceptionnellement élevée en ces premiers jours de printemps. Un vent chaud soufflait depuis la Mer des Griffes et repoussait les nuages, permettant au soleil de briller en continu. Grâce à son expérience de navigateur et à la surprenante précision de la carte, Johann guida sans encombre son expédition jusqu’à une antique ruine, abandonnée depuis des siècles à l’issue de la guerre de la Barbe. Il ne s’agissait que de quelques colonnes abattues et brisée pour certaines, mais à ses yeux il ne faisait aucun doute qu'elles avaient été érigée par les hommes-lézard, il y a probablement des millénaires de cela. Les vestiges furent nettoyés de la végétation qui les avait recouverts, puis les pierres furent redressées. Les impériaux montèrent le camp pour la nuit, bien décidés à finir les fouilles au plus tôt le lendemain, car cette forêt obscure était depuis longtemps le repaire des brigands et des hommes bêtes.

Au cœur de la nuit, les sentinelles, qui ne se méfiaient que des dangers venant de l’extérieur du camp, ne virent pas Johann quitter discrètement sa tente d'un pas mou, comme s'il était en proie à une crise de somnambulisme. Il atteint le coeur des ruines où il fit halte devant un large pilier couvert de glyphe. Johann sorti le cylindre de bois qu'il se mit à manipuler, exerçant une série de pressions et de rotations. Le cylindre s'ouvrit en deux, libérant trois gemmes d'un vert lumineux. Sans hésitation, mais toujours comme à moitié endormi, Johann inséra chacune d’elles dans des emplacements prévus à cet effet sur les colonnes. Si quelqu’un était venu à cet instant lui demander ce qu’il faisait, il aurait été incapable de répondre, car tout ce qu’il accomplissait n’avait pour lui pas plus de consistance que s’il l’avait fait en rêve. Il ne s'éveilla tout à fait qu'après avoir placé la dernière gemme. Mais il était alors déjà trop tard.

Les hommes ne comprirent pas tout de suite ce qui se passait lorsque le camp fut soudain illuminé. Une immense arche lumineuse s'ouvrit au milieu des colonnes tel un passage à travers le temps et l'espace. Tous crurent qu’une porte vers les Royaumes du Chaos venait de s’ouvrir et des hurlements terrifiés retentirent alors que les premières formes vaguement humaines émergèrent de derrière le rideau de lumière. Il ne s’agissait cependant pas de démons, mais de Saurus. Ce qui ne changea pas grand chose, car les lézards entreprirent de massacrer tout le monde. Totalement pris au dépourvus, les impériaux ne tentèrent même pas de se regrouper pour repousser l’ennemi et tous prirent la fuite. Tous sauf Johann, qui restait prostré devant le portail de lumière, hagard. Dans les instants ultimes de sa vie, avant qu'une hache de pierre ne lui ouvre le crâne en deux, Johan compris que toute son existence n’avait été qu’une vaste mascarade, un enchaînement de scènes et de tableaux où il tenait le rôle titre et dont l’acte final se déroulait ici et maintenant.

Le Kuraq Kac An’Sliggothh dégagea d'un coup sec sa hache du crâne de l'humain. Cette créature avait joué un rôle majeur dans le plan des Slanns comme prévu ; mais ce rôle était désormais terminé. Des centaines de lunes au-par-avant, les hérauts skinks lui avaient annoncé la venue de ce jour où il serait le général d’une armée dont les soldats n’étaient alors que des têtards dans les bassins de frai. Car depuis longtemps déjà les Slanns avaient vu venir la tempête qui menaçait d'engloutir le monde. Ils avaient explorés les chemins et les sentiers du possible et un plan avait germé dans l’espace de conscience collective qu’ils partageaient tous. Ils avaient croisé leurs recherches avec celles d’hommes susceptibles d’être influencés afin qu’ils viennent jusqu’à eux en Lustrie. Johann n’était pas le seul sur lequel les Slanns avaient exercé leur influence aussi discrète qu’implacable, mais, de tous les candidats, il fut le premier à venir jusqu’à eux dans les profondeurs de la jungle afin d’y recevoir les instructions pour l’ouverture de l’antique portail. Les Slanns en connaissaient d’ailleurs l’heure exacte depuis son départ et c’est par milliers que des soldats venus de toutes les cités du continent attendaient son ouverture.

Sans atteindre l’humidité et la moiteur de la jungle, la température de l’endroit étaient acceptables. Le dérèglement climatique que connaissait cette région de l’Empire était bien évidemment aussi le fait des Slanns, car rares étaient les choses sur terre qu’ils ne pouvaient soumettre à leur pouvoir. Un flot ininterrompu de Saurus et de Skinks sortait désormais de la lumière. Il faudrait cependant procéder à de nouveaux rituels afin d’agrandir la taille de la porte et permettre l’arrivée massive des osts de Lustrie, mais avant tout l’endroit devait être sécurisé. An’Sliggothh s’ébroua, libérant un flot de phéromones porteuses d’informations plus précises que s’il avait dû les prononcer. Les skinks caméléons qui faisaient partis de l’avant-garde s’élancèrent alors dans la forêt afin qu’aucun des fuyards ne voient poindre les rayons sacrés de l'astre solaire.

Il appartenait désormais au Kuraq Kac de s’assurer que tout soit prêt pour l’arrivée des Slanns et leur guerre contre la Grande Ennemie. Il aurait tout aussi bien pu prendre l’initiative de partir à l’attaque dès à présent, mais il ne lui serait même pas venu à l’esprit d’aller contre la volonté des serviteurs des Anciens ou de se rebeller contre leurs ordres. Il n’était pas dans sa nature, ni dans celle d’aucun Saurus d’ailleurs, de questionner les choix des Slanns. A Quoi bon d’ailleurs ! Leur plan se déroulait à la perfection, car immense est leur sagesse et aller contre cette ordre naturel ne pouvait engendrer que le chaos.
--- Ecrit par Nicolas ---
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MessageSujet: Re: Chroniques   Mar 4 Jan - 1:53



Collège Céleste du Vent d'Azyr, Altdorf, fin du printemps, 2552 CI

Paré d'une imposante robe de soie bleu-nuit et chargé de bijoux d'or et de saphir, le Primi Magister Corvin Grunenwald toisa longuement son ancien apprenti, lequel avait l'outrecuidance de lui tendre l'une des lourde amulettes d'or et d'argent qu'il l'avait envoyé chercher. Le jeune homme sembla se ratatiner sous le regard de glace du vieil Astromancien.
« Vous moqueriez-vous de moi Volker Mohr ? »
Volker grimaça. Bien qu'il ne soit plus son apprenti depuis quinze ans, et un Magister accompli depuis la moitié de ce temps, son ancien Maître s'entêtait à lui refuser l'usage de son titre et s'évertuait à le traiter en apprenti chaque fois qu'il le pouvait.
« Je... je ne saurais oser une chose pareille, Primi Magister... »
« Haaaaa, j'en suis fort aise. Mais pourquoi diable me tendez-vous donc cette amulette alors ? »
« Heuu... pour rien Primi Magister. Je, heu, je vais la porter jusqu'à ce que vous en ayez besoin, Primi Magister. Avec votre permission bien sûr... »

Un sourire triomphant passa furtivement sur le visage parcheminé du Primi Magister qui reprit presque instantanément sa mine sévère. Puis il tira de sous un pan de ses robes une étrange et délicate montre à gousset sur laquelle tournoyaient quatre aiguilles, l'inspecta et pris un air agacé.
« Vous nous avez fait perdre un temps précieux Volker. Les astres continuent leur course tandis que vous faites vos pitreries ! Hâtons nous, messieurs ; nous manquerions à toutes nos obligations si nous faisions attendre notre visiteur. »
Sur ces mots, il se tourna vers un escalier dallé de marbre turquoise et veiné d'or, entraînant derrière lui les deux autres Magisters de l'Ordre d'Azyr, lesquels jetaient à Volker des regards en coin mélangés de gène et de pitié. Volker connaissait bien ces regards. On lui lançait les mêmes depuis le premier jour de son apprentissage, vingt ans plus tôt. Las, il replaça l'amulette dans sa besace, avec les trois autres. Chacune d'entre elles pesait dans les quinze kilos tant leurs sortilèges étaient lourd. Il les portait depuis le laboratoire du Primi. Et, le forcer à les porter jusqu'à leur destination était une énième humiliation. Fulminant, chargé comme une mule, Volker s'élança derrière son ancien Maître.

Trois-mille-quatre-cent-quinze marches plus haut et quarante-huit minutes et trente-deux secondes plus tard – Volker avait compté – ils arrivèrent devant la large porte d'acier runique de la Salle A-Sol-Ouvert. Volker était au bord de l'évanouissement, les poumons en feu, le coeur ruant furieusement dans sa poitrine à chacun de ses battements – cent-trente-cinq fois par minutes, il avait compté cela aussi. Le Primi Magister Corvin et les Magisters Ruperscht et Dankmart étaient, quant à eux, tout à fait frais, et le regardaient gravir les dernières marches de l'air agacé de ceux qui attendent.

Le Primi se plaça devant la porte et ouvrit les bras cérémonieusement.
« Veuillez vous écarter. Seul un Grand Astromancien peut pratiquer le rituel d'Ouverture ! »
Tous firent un pas en arrière et le Primi commença une série complexe de pressions sur les runes de la porte, qui s'illuminèrent les unes après les autres. Volker profita de ce répit pour avaler une potion qui lui rendit calme et forces. Le Primi continua son rituel jusqu'à ce que toutes les runes de la porte furent activées et que celle-ci pivote silencieusement sur ses gonds, dévoilant une large pièce aérienne baignée d'une lumière mauve. La salle possédait pour tout sol un tapis de vents tournoyant lentement et dont la transparence presque parfaite laissait admirer par au-dessus le Collège Céleste avec ses dômes d'or majestueux et ses tours indigo graciles s'élevant à des centaines de mètres au-dessus des rues d'Altdorf. Au centre de la pièce se tenait un vortex d'esprits de l'air, tournoyant tels des épées folles autour d'un livre antique posé fermé sur un lutrin taillé dans de l'écume de mer.

« Volker, les amulettes je vous prie, » ordonna le Primi d'un ton impatient, tirant les Magisters de leur contemplation.
L'ancien apprenti s'exécuta, distribuant les amulettes au Primi et aux Magisters, gardant la dernière pour lui-même.
« Passez ces amulettes autour de votre cou. Elles sont la clef qui vous autorise à pénétrer dans cette salle sans être anéantis par les charmes qui la protège. »

Lorsque tous eurent passé l'amulette à leur cou – alourdissant chacun d'eux de quinze kilos, sauf Volker qui s'allégeait lui de quarante-cinq kilos – le Primi sorti de nouveau son étrange montre à gousset. Il suivit un instant le balai de ses fines aiguilles d'or sautant d'un symbole astronomique à l'autre puis la rangea d'un air satisfait.
« Parfait. Nous sommes dans les temps. Maintenant suivez-moi. Et souvenez-vous : je veux capturer notre visiteur vivant, alors n'usez de sorts mortels qu'en cas d'absolue nécessité. Mais croyez-moi, étant donné les épreuves qu'il traverse actuellement et les charmes qui l'attendent dans cette salle, il ne sera pas en état de faire face à un Primi et trois Magisters ! »

Les quatre mages Célestes pénétrèrent dans la Salle A-Sol-Ouvert, et tandis que la porte se refermait en silence le Primi lança un charme de transparence les rendant aussi invisibles que l'air.

---

Malak l'Emissaire Noir continuait sa lente et pénible progression dans le dédale de couloirs du Collège Céleste. Cela faisait des heures qu'il tournait, passant d'escaliers en coursives, de coursives en bibliothèques, et de bibliothèques en couloirs. A chaque coude, chaque intersection, chaque porte, il devait se plonger dans ses visions pour détecter l'arrivée d'un serviteur ou d'un mage céleste et éviter de se faire repérer en prenant un chemin alternatif. Car telle était la magie de ces lieux érigés par des mages capables de lire et de tisser le destin : au sein du Collège Céleste, les visiteurs non accompagnés se perdent très facilement, et ceux qui sont perdus tombent immanquablement sur un occupant des lieux qui peut ainsi les « guider » dans un lieu sûr.

Malak arriva à un énième croisement où il devait choisir entre deux escaliers et trois portes. Dans un lieu normal il lui aurait suffit de plonger dans ses visions pour découvrir dans la trame du temps le chemin menant à son but. Mais ici, où le destin était obscurci par les sortilèges des Astromanciens, cela ne l'aurait que plus égaré encore. Heureusement pour lui, l'Emissaire Noir avait plus d'un tour dans son sac... Comme à chacun des précédents croisements, il sorti de sous sa robe une un stylet luisant de ténèbres et le plaça devant lui, goûtant aux sombres énergies qui s'en écoulaient lentement comme coule le goudron.

Ce stylet avait été façonné à partir de la pierre la plus rare qui soit, le Dhar. Ces pierres se forment lorsque des vents de magie corrompue, ceux incarnant la destruction et l'anéantissement, stagnent longtemps dans une zone. En ces lieux maudits la magie se sédimente parfois lentement, formant après plusieurs siècles une pierre qui concentre les énergies noires. Deux mille trois cent années plus tôt, un forgeron nommé Oghor avait trouvé par hasard la plus grosse pierre de Dhar jamais trouvée, une pierre oblongue, grosse comme un avant-bras, a moitié coupée en deux dans le sens de la longueur. Fasciné par son étrange pouvoir, il tenta de travailler la pierre, mais celle-ci se révéla impossible à tailler, fondre ou polir. Exposé aux énergies du Dhar, le forgeron devint rapidement obsédé par sa trouvaille et, à force de travail, trouva un moyen de façonner le Dhar : en la baignant dans du sang humain, elle se gorgeait, chauffait et devenait légèrement malléable, de sorte qu'il était possible d'altérer – de manière à peine perceptible – sa forme. Il fallu a Oghor trente longues années, les dernières bribes de son humanité et des milliers de sacrifices, mais il parvint à séparer la pierre en deux et a la façonner en deux stylets tranchants comme des rasoirs, marqués d'une spirale inversée symbolisant la danse de la destruction. Les stylets avaient été perdus et sur des siècles étaient passé dans les mains de sorcier avides de pouvoirs. Jusqu'à ce que puissant démon les trouve et en fasse don à son Maître, lequel les avait confié quelques semaines plus tôt à son serviteur pour mener à bien une mission très importante.

Malak renforça sa concentration tandis que son regard parcourait le motif de la spirale inversée. Lorsque Oghor avait séparé le Dhar en deux, un lien magique extrêmement fort s'était créé entre les deux stylets. Un lien transcendant les limites de l'espace et du temps, ainsi que la magie des Astromanciens. Tendu par l'effort, Malak projeta son esprit à travers la spirale, et remonta le lien magique vers le second stylet qui attendait patiemment quelque part dans le Collège. L'escalier de gauche ! Il gravit les marches, et atteignit – enfin ! – la porte d'acier runique qu'il cherchait. L'objet de sa quête se trouvait juste derrière. L'Emissaire Noir essuya la sueur perlant de son front et s'accorda un instant de repos. Trouver son chemin et éviter de se faire repérer lui avait demandé toute sa malice, sa magie et son énergie. Il devait désormais reprendre son souffle avant de faire face aux derniers pièges du Collège Céleste.

Un peu remis, Malak se dressa devant la porte, et se plongea une nouvelle fois dans ses visions. Il fouilla le destin et trouva ce qu'il cherchait : un homme accomplissant les gestes qui ouvraient la porte. A moitié en transe, il les reproduisit, touchant les runes du bout de son bâton de sorcier, en respectant l'ordre secret et complexe. Lorsqu'il eut terminé, la lourde porte s'ouvrit et Malak put admirer le panorama sous le sol de vents avant de poser ses yeux sur le grimoire. Il était bien là ! Et bientôt il serait libéré de cette prison comme le lui avait ordonné son Maître.
Avant de franchir le seuil, Malak brandit devant lui, serrée dans sa main décharnée, le stylet de Dhar, ferma les yeux et évoqua dans son esprit une image passée qui éveillait toujours en lui la colère et la haine. Canalisés à travers le stylet, ces sombres sentiments libérèrent de puissantes énergies noires que Malak façonna en un nuage de destruction tournoyant autour de lui comme une nuée d'insectes déments. Fin prêt, il pénétra dans la Salle A-Sol-Ouvert.

Trois évènements se produisirent simultanément. Un ouragan d'esprits de l'air furieux s'abattirent sur lui. La porte se referma en claquant dans un bruit de caveau qui se scelle. Et le Primi Magister mis fin à la transparence qui les masquait au yeux du nouvel arrivant.

---

Malak croulait sous l'assaut des vents. Un genoux à terre, cramponné à son bâton, il luttait de toutes ses forces, mais son pouvoir et le bouclier de destruction fondaient sous leurs attaques comme la neige au soleil. Les Magisters encerclaient l'Emissaire Noir, leurs doigts scintillants des charmes d'attaque qu'ils avaient préparé.
« Soyez le bienvenu, qui que vous soyez. » tonna la voie du Primi Magister. « Saviez-vous que personne n'avait encore réussi à déjouer le labyrinthe du Collège ? Mais si je dois avouer que votre puissance est grande, il me faut constater qu'elle n'a d'égale que votre stupidité. Comment pouviez-vous un instant croire que votre venue échapperait à nos dons de divination ? Enfin ; au moins nous avez-vous montré les failles existant dans le labyrinthe. » Le Primi leva la main où luisaient les charmes d'attaque.
« Maintenant, cher visiteur, adiheuueueuuuurgg » la phrase du Primi se perdit dans un borborygme in-intelligible tandis que tout son corps se raidit et que du sang jaillit de sa gorge.

Volker qui était derrière lui lâcha le stylet qu'il venait de planter dans le dos de son ancien maître, et s'écarta. Le vieil homme s'effondra au sol sous le regard incrédule des Magisters Ruperscht et Dankmart. Un instant avant qu'ils ne régissent et ne libèrent leurs sortilèges contre celui qui les avaient trahi, Volker leva les mains vers eux. Les amulettes à leur cou sautèrent comme des puces jusque dans les mains du traitre, libérant les Magister d'un lourd fardeau, mais faisant d'eux des intrus. Immédiatement, une tornade de vents hurlants s'abattit sur eux les clouant au sol.

Volker passa une amulette au cou de Malak qui, libéré de l'assaut des vents, se redressa. Pâle comme un nécromant, les trais tirés comme une banshee, il claudiqua en appuis sur son bâton jusqu'au corps affalé du Primi qu'il railla d'une voix rauque et sépulcrale :
« Non mon cher, je n'ai jamais imaginé que ma venue échapperait à vos dons de divination. »
Il se pencha sur le corps, et se saisi du stylet qu'il extirpa du cadavre d'un coup sec.
« C'est même tout le contraire. Car sinon, vous n'auriez jamais pris la peine de venir dans cette salle, et d'y emmener votre souffre douleur avec vous, et cet stylet avec lui. Et je doute fort que j'aurais trouvé cette salle sans cette aide providentielle. »
Malak admira la lame luisante de ténèbres, légèrement tiède sous ses doigts. Pas une goute de sang ne souillait sa surface.
« Mais si je dois avouer que vos dons de lecture du destin son grands », continua-t-il de railler, « Il vous faut admettre que mes dons à en obscurcir la trame sont supérieurs encore. Quel dommage que vous n'ayez pas vu la trahison de votre fidèle Volker. Sachez seulement que je n'ai fourni que l'arme de sa vengeance. Le poison de la trahison, c'est vous qui l'avez distillé toutes ces longues années passées à l'humilier... »

Malak trancha une par une les gorges des Magisters encore aux prises avec les vents. Sous le fil des stylets, la vie les quittait instantanément, comme si elle était aspirée par le pouvoir du Dhar. Volker le regardait faire, à la fois galvanisé par un sentiment de vengeance enfin accomplie, et envahi par le dégoût.
« N'ai crainte Volker. Tu y sera vite habitué. »
Le Magister plongea son regard dans les yeux déments et sans fond de Malak, et se détourna, pris de vertige. Malak posa une main veineuse sur son épaule.
« Tu as bien travaillé. Mais il nous reste encore une chose à faire, alors reste concentré. »

l'Emissaire Noir se tourna vers le vortex au centre duquel trônait le grimoire. Il s'approcha d'un pas assuré et les visions l'assaillirent. Le grimoire avait été trouvé par un Mage Céleste il y a des décénies, et son contenu les avait plongé dans l'effroi. Pour que jamais ce livre ne soit plus lu par personne, ils avaient érigé pour lui une salle-prison au coeur du Collège Céleste, et protégé le grimoire par leur plus puissante magie, un sortilège tissé par les plus savants Astomanciens qui changerait le destin de celui poserait les mains sur le livre, le condamnant à une longue vie de souffrance, de drames et de désespoir. Et pour être prévenu, ceux qui s'approchaient du grimoire se voyaient assailli par des visions de ce destin effroyable.

A chaque pas vers le livre, Malak était assailli de visions de son futur plus épouvantables les unes que les autres. Les Astromanciens avaient bien travaillé, et son destin allait être terrible. Mais c'était sa punition. Et son sort serait pire encore, s'il refusait d'obéir à Be'lakor. Malak traversa le vortex, et posa ses mains sur le cuir craquelé du grimoire provoquant une puissante déflagration dans la Salle A-Sol-Ouvert. Le Vortex se figea un instant, se rua en hurlant sur l'Emissaire et pénétra par sa bouche, son nez et ses yeux avant de retomber dans le calme et le silence. Le charme était brisé. La malédiction s'était imprimée en lui.

Malak se saisi du grimoire et le tandis rapidement au traître avant d'être tenté de le garder. Volker le contempla longuement. Le Livre Interdit. Le Vrazj-R'li. Ecrit un siècle et demi avant notre ère par Kadon, le chaman du peuple Lodrigen après qu'il ait trouvé la Couronne de Nagash et que celle-ci ait pris possession de lui. Il est dit que Kadon a consigné dans ce livre les plus grands secrets de Nagash. Des secrets que son esprit, séparé de son corps détruit et enfermé dans une Couronne, ne pouvait conserver plus longtemps au fur et à mesure que sa puissance se fanait.

« N'oublie pas le pacte, Volker. Ce livre est pour toi. Mais il ne sera à toi qu'après que mon Maître l'ai lu. Pas avant. »

Volker acquiesça et pris le livre. Un sentiment de puissance absolue s'empara de lui. Le Vrazj-R'li était sien !
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MessageSujet: Re: Chroniques   Mar 4 Jan - 6:36



3 jours plus tard

Palais Ducal de Nuln, fin du printemps, 2552 CI

Maître Gorlin fourra son épaisse barbe d'un air circonspect. Il contempla d'un oeil brillant l'édifice d'acier et de verre des serres Ducales de Nuln dans lesquelles Erik et lui-même venaient d'être introduits. Ignorant les magnifiques spécimens végétaux et floraux qui envahissaient la vaste verrière, il remarqua immédiatement le système de chauffage à gaz et les brûleurs disposés de manière a assurer une température uniforme.
« Par ma barbe, les ingénieurs de Nuln doivent avoir du sang Nain ! Voilà un système fort ingénieux. »

Le connétable de Nuln guida ses deux visiteurs à travers le dédale végétal jusqu'au miroir d'eau où les attendaient le Comte Gerof Von Leibwitz et sa mère, la Comtesse Electrice Emmanuelle. Tous deux les attendaient dans une attitude on ne peux plus royale, installés de majestueux fauteuils en bois de rose. Gerof était tout de soie rouge vêtu, et portait le collier de barbe ainsi qu'une couronne d'or comme pour revendiquer le rang Impérial qu'on ne lui reconnaissait pas encore. Sa mère arborait une très ostentatoire parure de diamants ainsi qu'une longue robe de brocards nacrés sertie de perles, comme pour crier au monde entier « mon fil est l'Empereur ».

Le connétable annonça les visiteurs.
« Le Commandeur Erik Holswig Schliestein et Maître Gorlin, fils du Roi Alrik Ranulfsson, messagers du Grand Maître de la Tour Blanche, l'Archimage Teclis »

Lorsqu'il reconnu Erik, Gerof bondit à la rencontre de son ami et le serra chaleureusement contre lui, sous le regard vaguement réprobateur de sa mère.

« Erik, on m'avait dit que tu avais été mortellement blessé lors de la bataille de Col Riberg ! C'est si bon de te revoir en pleine forme ! »
Gerof s'écarta et regarda Erik de la tête au pied, souriant de toutes ses dents.
« Blessé oui. » Réplica Erik. « Mortellement, certainement pas. En fait, j'ai reçu une grosse entaille en montant à l'assaut d'une de vos batteries de canons. » affirma-t-il en minimisant volontairement la gravité de sa blessure qui le tiraillait encore. « Le choc m'a désarçonné et j'ai été assommé lorsqu'un des destriers de ma colonne s'est effondré sur moi. Mes compagnons ont eu moins de chance, et c'est couvert de leur sang et inconscient que j'ai été retrouvé. Certains m'ont cru mort. Mais comme tu peux le constater, je vais bien. J'ai eu de la chance, voilà tout. » Erik caressa machinalement le pommeau de Tueur de Bêtes. Il pouvait jurer que sans elle il serait déjà mort au combat plus d'une dizaine de fois.
« Lorsque l'on m'a annoncé l'arrivée de messagers de Teclis, j'étais loin d'imaginer te revoir mon ami. Comment est-ce possible ? Quelles nouvelles apporte-tu ? »
« Gerof, je vais être direct car nous avons peu de temps devant nous. »

Devant la mine soudain sérieuse de son ami, le Comte se rassi, comme s'il cessait d'être l'ami, pour redevenir le prétendant au trône.
« Comme tu le sais Gerof, toutes les frontières Impériales font l'objets d'attaques coordonnées de larges armées de brigands organisés et déterminés. La situation est grave et empire chaque jours. L'Archimage Teclis pense que derrière cette menace se cache les préludes d'une invasion de la Grande Ennemie. »
Gerof fit la moue.
« Les Elfes voient l'influence du Chaos derrière toutes choses, Erik »
« Humph. Sans doute avez-vous raison. » Gorlin s'avança devant le Comte, et malgré sa petite taille, le toisa du regard. « Mais, pour une fois, les coupeurs-de-barbe ont raison monseigneur. D'immenses armées se préparent dans le grand nord, par-delà la contrée des Trolls, attendant leur heure pour fondre sur l'Empire. Mes frères de Karak Drak les ont vu ! »
« Peut-être. J'avoue avoir déjà imaginé une chose pareille » concéda le Comte. « Mais même si c'est avéré, nous avons bien assez à faire entre l'insurrection de Luitpold qui a plongé mon Empire dans la guerre civile et les incidents de frontière avec ces brigands ou les hordes d'hommes lézard. Nous n'avons certainement pas le luxe de nous soucier d'une hypothétique menace résidant à des mois ou des années de marche d'ici. »

Erik pris sur lui de ne pas relever la remarque sur son père. Le Conclave de l'Aube l'avait envoyé ici dans un but précis, et il se devait de remplir sa mission. Tant pis pour ses états d'âme.
« Gerof, je suis envoyé par un groupe composé de Seigneurs Elfes et de Rois Nains. Ce groupe s'appelle le Conclave de l'Aube. L'Empereur Karl Franz en faisait parti. Ils ont lutté ensemble pour repousser les forces d'Archaon. Aujourd'hui ils se rassemblent pour lutter contre cette nouvelle menace. Ils organisent la résistance aux frontières de l'Empire en envoyant des armées d'Elfes, de Nains et de Bretonniens là où les brigands menacent. »
« Violant eux-aussi nos frontières. »
« Assez Gerof ! Sans cela, la moitié de l'Empire serait déjà à feu et à sang ! Tu le sais aussi bien que moi. »
Le deux hommes se toisèrent quelques secondes. Gerof fini par se fendre d'un sourire.
« Admettons. Et quel message ton petit groupe secret veut-il me faire parvenir ? »
« Tant que l'Empire est déchiré par la guerre civile qui vous opposent mon père et toi, il ne pourra pas se préparer à repousser l'invasion à venir. Cette guerre doit cesser. Sinon l'Empire pourrait bien ne pas y survivre. »
« Tu devrais dire cela à ton père, Erik. Pas à moi. »

Gorlin explosa : « Nous nous moquons comme de nos premières verrues de savoir qui gouvernera votre Empire ! De toutes les façons votre vie est courte, et cela changera bientôt ! Mais vous avez écrasé le Comte Hertwig de l'Ostermark. Maintenant que les Comtés de l'est ont reconnu votre autorité le Conclave a décidé de vous soutenir pour mettre fin à la guerre civile. »

Emmanuelle souleva le menton avec intérêt et méfiance.

« Voilà qui est bel et bon, Maître Nain. Mais en quoi ce mystérieux Conclave va-t-il nous aider ? Et que demandera-t-il en échange ? »
Erik la regarda avec intensité. Il pouvait sentir sa méfiance. Quoi qu'il puisse proposer, elle chercherait le piège. Il avait toutefois conscience que c'est Gerof qu'il devait convaincre, et c'est à lui qu'il répondit.
« Le Conclave demande à ce que tu sièges lors de ses séances, comme Karl Franz avant toi, afin de coordonner ensemble la défense des peuples libres contre l'invasion du chaos et les assaut des brigands. Le Conclave demande en outre que les frontières des provinces sous ton autorité s'ouvrent aux armées d'Elfes et de Nains qui les protègent actuellement afin de circuler librement et d'accroitre leur efficacité contre l'ennemi.

C'était beaucoup demander. Le Comte et sa mère allaient protester, mais Erik continua sans se laisser interrompre.

« Si tu acceptes Gerof, les Seigneurs Elfes et les Rois Nains enverrons des messagers et des présents pour te féliciter de ton accession au trône. Ils feront comme si le vote n'avait pas été contesté. »
Erik se tût, laissant à son ami le temps de réfléchir. Gerof comprenait ce que cela représentait. Ce serait un signe fort de sa légitimité. Un signe qui, bien exploité, pouvait pousser certain des Comtes restés neutres à se placer sous sa bannière, espérant obtenir ses bonnes grâces pour le jour où il serait couronné. Et lorsque certains se rallieraient à sa cause, cela ferait boule de neige, chaque Comte, qu'il soit neutre ou rebelle, s'empressant de choisir le camp du vainqueur de peur d'être dans le camp du perdant à la fin de la guerre.
Gerof se leva et vint se placer devant son ami. Il sentait dans son dos le regard de sa mère, le regard d'une femme qui aurait voulu en discuter avec son fils avant qu'il ne prenne une décision. Mais Gerof savait qu'il devait s'émanciper. Jamais il ne serait digne du trône sinon.

« Erik, réponds-tu de l'honnêteté et du bienfondé de cette proposition ainsi que de ma propre sécurité si je me présente devant le Conclave ? »

Erik le regarda dans les yeux comme ils le faisaient lorsqu'étant plus jeunes ils se faisaient un serrement.

« Oui Gerof. J'en réponds. Une dernière chose toutefois. Bien que le Conclave ne puisse te le demander officiellement, il faut que cessent les tentatives d'assassina contre les Electeurs de l'église de Sigmar. A supposer que vous soyez lié à cela, bien entendu. »

Gerof lui souri. Ainsi le Conclave savait pour cela. Mais peu importait. Si les Comtes se ralliaient à lui, l'église trouverai un moyen de changer camp sans perdre la face. Les prêtres étaient très fort à ce jeu là.
Gerof pris la main d'Erik et la serra.

« C'est parfait mon ami. J'accepte. Allez prendre quelque repos ton compagnon et toi. Nous nous reverrons au diner et discuterons plus amplement de la suite des évènements. Et j'attends aussi de toi que tu me fasses le récit de tes aventure que je comprenne comment tu t'es retrouvé embarqué dans cette histoire ! »

Voilà qui est fait pensa Erik soulagé. Il avait réussi à remporter une victoire décisive pour le Conclave. Et il avait suivi le commandement de son grand-père : écouter le Conclave, puis agir selon son coeur. Mais il avait par là-même trahi son père et son frère qui étaient les ennemis jurés de Gerof. Pourraient-ils lui pardonner un jour ? Pourrait-il se le pardonner ?
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MessageSujet: Re: Chroniques   Mar 4 Jan - 6:38

Voilà qui achève la narration de l'Acte 1.
La narration de l'Acte 2 débute demain ou après-demain.
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MessageSujet: Re: Chroniques   Mer 5 Jan - 16:31



Une semaine après le vol du Vrazj-R'li.

Cours Démoniaque de Be'lakor, fin du printemps, 2552 CI

En remontant l'ancienne artère principale de Bolgasgrad, Volker réprima une grimace devant le panorama de désolation qu'offrait la cité. Il l'avait visité des années auparavant et il se souvenait des murailles austères, des bâtiments rustiques tout en bois, du vent à vous glacer les moustaches et des habitants méfiants possédant l'une des plus remarquable descente du Vieux-Monde.

Mais aujourd'hui, mis à part le Temple des Anciens Alliés qui était inchangé, il ne restait rien de tout cela. Ou plutôt si, et finalement, c'était cela le pire. Car sous l'influence corruptrice des énergies du Néant, Bolgasgrad était devenue son propre cauchemar, telle une caricature insane. Ses remparts couverts d'appendices écoeurants semblaient se tendre vers l'extérieur, en quête d'une proie. Ses rues étaient peuplées d'hérétiques déments et de mutants grotesques, exhibant qui un bras, qui un visage, lambeaux répugnants d'une humanité pour toujours perdue. Le souffle glacial du vent du nord maraudait de maison en maison tel une bête affamée en quête de chaire fraiche.

Achevant de traverser ce macrocosme de la folie, Volker atteint enfin la colline où se dressait autrefois le manoir du Prince de la ville. Le Sombre Maître avait appelé son Feu, décapitant la colline et dégageant un large cercle de roche vitrifiée autour duquel onze colonnes avaient été dressées. En traversant le cercle, Volker évita de regarder le sol sur lequel des lignes de feu traçaient en sifflant des runes changeantes et des pentacles fumants. Au centre se dressait le trône d'obsidienne du Sombre Maître, un siège anguleux aux dimensions cyclopéennes. Be'lakor, tout en griffes, muscles et crocs, y feuilletait lentement le Vrazj-R'li. Des dizaines de démons serviles grouillaient autour du trône, attendant de combler le moindre souhait de leur maître. Volker s'agenouilla craintivement. Dominé par la masse titanesque du Prince-Démon, le poison de la peur se répandit dans son sang et contamina tout son être : le démon allait-il honorer son pacte, ou simplement le tuer d'une chiquenaude et conserver le livre ? Se contenterait-il de l'avoir étudié quelques jours ?

Tel un grondement venu des enfer, Be'lakor pris la parole :
« Volker, tu peux désormais disposer du Vrazj-R'li à ta guide. Il est à toi. »
Be'lakor donna le grimoire à l'un de ses démons qui le porta jusqu'au Magister, puis continua.
« Tu n'as plus rien à faire en ces lieux, humain. Pars sans te retourner avant que je change d'avis... »
Volker ne se le fit pas dire deux fois et décampa comme s'il avait la mort aux trousses. Du reste, à choisir il aurait probablement préféré avoir la mort aux trousses.
Lorsqu'il fut parti, Be'lakor interpella son plus fidèle serviteur.
« Voici faite la dernière offrande. Pour le Dieu du Sang le carnage aux frontières et dans le coeur de l'Empire. Au Seigneur de la Pestilence le fléau de la Peste Rouge dont les ravages ne font que commencer. Pour le Prince des Délices une servante de choix, presque assise sur le trône. Pour le Grand Architecte enfin, dont le courroux à mon égard gronde depuis des âges, le savoir magique le plus dangereux du monde, placé entre les mains d'un mage avide et orgueilleux. Cela devrait prouver ma loyauté. Et peut-être me laisser assez de temps... »
Le Prince-Démon tourna son regard ardent vers Malak.
« Est-ce que tout est prêt ? »
« Oui, mon Maître. »
« Alors commençons. »

---

Be'lakor se tenait au centre du cercle de rituel fermé par onze statues obsidienne. Chacune représentait une femme-serpent haute de cinq mètres, façonnée de manière à leur donner une identité propre. Elles portaient de longues épées et d'étranges bijoux. Aucun habitant du Vieux-Monde n'aurait pu déterminer leur origine, car bien qu'elle aient été sculptées par des mains humaines, elles étaient l'oeuvre d'une civilisation fort lointaine. Be'lakor les avait fait venir en secret, et leur seul transport avait pris trois années. Au pied de chaque statue se trouvaient onze prisonniers, contraints dans une posture de soumissions par des chaînes barbelées et réduits au silence par l'ablation de la langue.

Le Maître Ténébreux bascula en arrière sa large tête pour admirer les étoiles. Puis il entonna un chant inquiétant dans une langue oubliée qui fit frémir la nuit elle-même. Ces formules, seul Nagash avait osé les prononcer, défiant l'ordre établi, imposant à l'univers lui-même sa volonté. Une heure durant, Be'lakor récita les incantations impies, saisissant les vents magiques et les tordant selon son désir en un motif d'une extrême complexité. Lorsqu'il fut prêt, Be'lakor sorti un stylet noir de geai, marqué d'une spirale inversée. De la pointe de cette lame minuscule entre ses énormes pattes griffues, il égorgea systématiquement les onze fois onze esclaves. Lorsque ce fut fait, il se plaça au centre du cercle, et prononça les dernières paroles du chant maudit. Le silence se fit durant quelques secondes comme suspendues hors du temps. Et onze fois onze hurlements lacérèrent la nuit glacée tandis que les âmes des défunts se trouvèrent aspirées par la gueule cruelle du Prince-Démon qui les goba comme un met savoureux.

Le Maître tendit alors les griffes vers les femmes-serpents et leur ordonna de s'éveiller, comme il l'aurait fait pour donner vie à n'importe quel démon, sinon que les âmes qu'il venait de dévorer avaient décuplé son pouvoir.
Dans un grincement sourd, les Nagas ouvrirent les yeux. Puis leur corps s'anima doucement. Leur peau de pierre craquela et tomba en morceaux, révélant un corps puissant et sinueux. Leurs épées de pierre perdirent leur substance physique pour devenir lumineuses et éthérées comme des rayons de lune. Be'lakor prononça un dernier mot qui résonna longuement à travers la nuit, et sur le front de chacune d'elles dansèrent des feux bleutés qui gravèrent en sifflant le double K qui est la marque de Be'lakor.
« Réveillez-vous mes enfants. Réveillez-vous ! » gronda le Maître.
« Allez mes filles ! Trouvez les cinq monolithes érigés en mon nom. Trouvez les, et apposez leur ma marque ! »
Les Nagas s'inclinèrent, et glissèrent silencieusement hors du cercle, plongeant dans la nuit comme dans une eau trouble, pressées de servir leur maître.

Be'lakor avait réussi. Enfin, il était le Dévoreur !
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MessageSujet: Re: Chroniques   Mer 26 Jan - 12:44



(note: ce texte est déjà paru dans le rapport de la bataille du Marteau de Plumes de Praag)

Aube du 72em jour du siège de Praag
Siège de Praag, fin du Printemps, 2552 CI

Avec l'avancée des Chiens de Guerre, Praag se retrouvait isolée loin du front, et fatalement assiégée depuis plusieurs semaines par des bandes de mercenaires, maraudeurs, orcs et elfes-noirs.
Une petite armée de Nains, descendue de Karak Varg, patientait depuis des jours dans les tunnels secrets d'anciennes mines. Naboléon, leur chef, attendait le moment opportun pour porter un coup décisif et - peut-être - briser le siège.

Ce matin un groupe de rangers revint tout excité: ils avaient vu une armée composée d'au moins 80'000 hommes lézard émerger d'une ruine étrange à quelques miles à l'est de Praag. Ils s'étaient dirigés vers Praag au son des tambours de guerre!

Voilà l'occasion qu'attendait Naboléon! Il fit sonner le cor et regroupa ses troupes. Au trot l'armée Naine traversa quelques miles de steppe pour rejoindre des collines au sud de Praag où attendre les rapports des rangers en attendant de savoir où frapper. Les rapports ne se firent pas attendre.

Le gros des lézards venait de lancer son attaque contre les assiégeants de Praag et une âpre bataille se livrait dans la plaine rocailleuse. Mais une petite armée de 1500 lézards s'était détachée discrètement du gros des troupes et suivait la piste qu'avaient remonté des skinks quelques heures plus tôt. Les rangers avaient suivi les skinks lors de leur reconnaissance, et ils avaient vu un immense monolithe du chaos aux pieds duquel des sorciers mettaient en place ce qui semblait être un rituel majeur, protégés par une petite armée. Les lézards semblaient être en route pour les en empêcher.

Ce que les lézards ignoraient et que les rangers avaient vu, c'est qu'environ 2000 Chiens de Guerre avait contourné les lignes des lézards venus attaquer les troupes assiégeant Praag, et que cette armée remontait à marche forcé la route menant jusqu'au monolithe. Et les lézards ne seraient jamais assez nombreux pour leur tenir tête en plus des 2000 hommes protégeant le monolithe.

Le sang de Naboléon ne fit qu'un tour! Si des sorciers du chaos tentaient un rituel majeur, il devait s'assurer qu'ils échouent! Il sonna le rappel et son armée se mit en branle afin de faire la jonction avec les Lézards et de botter les fesses à ces damnés Chiens de Guerre!
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MessageSujet: Re: Chroniques   Mer 26 Jan - 14:19



Quelques heures plus tard, sous le soleil couchant
Siège de Praag, fin du Printemps, 2552 CI

« Hi'l sham'y'ar. Ko'r ! » entonna Grom Bouche Noire, ses bras décharnés dressés vers les cieux.
« Ko'r hi'l sham'y'ar ! » répondirent en coeur ses dix condisciples, pour la onzième fois après onze heures d'un rituel exténuant, au milieu d'un champ de bataille où tonnait le canon et résonnait le fracas des armes.

Ignorant la folie guerrière alentours, Bouche Noire brandit sa dague et, d'un geste expert de dément, la planta droit dans le coeur du nain ligoté sur l'autel sacrificiel. Un cri bref et rauque déchira la tumulte du champ de bataille avant de sombrer dans l'oubli, pour toujours. Un sang noir et visqueux coula sur la pierre, parcourant les rigoles et formant un double K avant de s'embraser comme un feu grégeois. La flamme se dressa vers les cieux, dominant un instant la steppe, enveloppant l'immense monolithe du Chaos, tandis qu'une onde de choc sourde et brutale couchait tout ce qui un instant auparavant se tenait debout sur une lieue à la ronde.

Lorsque retomba la poussière, le monolithe de Be'lakor brillait d'un sinistre éclat. Pareilles à des plaies béant à travers la trame du monde, la marque du Maître flamboyait orgueilleusement à son sommet, sur chacune de ses faces. A la vue du double-K, les Kislevites défendant les remparts de Praag sentirent tout courage les abandonner, et leur fin proche.

---

Au même instant, à quelques coups d'ailes de Praag.

Drach'enulim tomba comme une pierre, ses vastes ailes de cuir tournoyant inutilement autour de lui tandis que le sol se précipitait vers eux.

Teclis s'agrippa de toutes ses forces une seconde, cala ses pieds pour ne pas se faire désarçonner, et plaqua ses mains sur l'épaisse peau écailleuse de dragon. Un instant il se força à oublier l'imminence de l'impact et prononça une formule par laquelle il insuffla une part de son énergie au monstre que l'étrange onde de choc avait mis ko. Un instant avant le choc fatal, Drach'enulim ouvrit grand ses ailes dans un claquement à réveiller un sourd, puis frappa lourdement la steppe, roula sur lui même pour enfin s'immobilisa dans un silence pesant.

Teclis émergea de sous la membrane géante d'une des ailes quelques instant avant que le dragon ne se redresse péniblement, visiblement blessé. Pour sa part, l'Archimage semblait indemne, quoique un peu sonné. Une jeune chevalier de la Dame se redressa derrière lui l'air franchement grogui, compta ses abatis, et constata avec surprise que rien ne manquait.
«  - L'Armure de Splendeur vous a encore sauvé la vie mon cher Jean.
- Par la dame ! bégailla le chevalier. Que s'est-il passé ?
- Il se passe que nous sommes arrivés trop tard. »

Teclis avait dit cela dans un murmure, presque à bout de souffle, comme s'il était rongé par l'inquiétude. Son regard était tourné vers l'étrange monolithe qui brillait dans la steppe une demie lieue devant eux.
Le dragon leva le coup et regarda dans la même direction avant de grogner piteusement.

« - Oui Drach'enulim. Oui, moi aussi je vois. Calme toi mon ami.
- Que voyez vous Teclis ? S'enquit Jean qui ne voyait qu'un monolithe, certes menaçant, mais pas plus que des centaines d'autres monolithes à travers le Vieux Monde.
- Notre ennemi a usé d'une magie que je croyais perdue depuis bien avant ma naissance. Vous ignorez sans doute ce que sont les Monolithes Jean ? »
Le silence gêné du chevalier répondit pour lui.

« - Notre monde est pareil à un tissus tendu. Sa trame est notre réalité matérielle. Au delà de notre monde se trouve un vide fantastique peuplé d'énergies impossibles. Autrefois, les Anciens ont ouvert un portail vers ce vide. Pourquoi, nous l'ignorons. Mais un jour ils ont disparu, et le portail s'est effondré, causant une plaie béante dans la trame de notre monde. Une plaie à travers laquelle les énergies du vide se sont déversées, et se déversent encore.
- Oui, cela me rappel une vieille légende que me contait ma mère. C'est à cause de ces énergies mutagènes que sont nés les Dieux Sombres n'est-ce pas ?
- C'est possible. Ou peut-être existaient-ils déjà. Mais en tous cas, les échanges entre nos deux monde leur ont donné le visage que nous leur connaissons.
- Et le monolithe alors ?
- Chaque monolithe est comme une écharde causant un accroc dans le tissus de notre réalité. Cet accroc est pareil à un portail miniature vers le monde du vide. A travers lui suintent les énergies noires vers notre monde, ainsi que les énergies de notre réalité vers le vide. A cause d'eux, notre monde s'affaibli lentement tendis que nos ennemis se renforcent.
- Mais pourquoi ne pas les détruire dans ce cas ?
- Parce que après des millénaires d'études, les plus grands magiciens n'ont pas trouvé de moyen fiable.
- En quoi ce monolithe est-il particulier ? Pourquoi s'est-il embrasé et a-t-il causé un telle onde de choc ? »

Teclis conserva le silence tandis que de ses yeux de mage il contemplait le balais des courants éthérés autour du monolithe. Il se demanda comment leur ennemi avait découvert cette magie. Car de mémoire d'elfe, jamais il n'avait vu une chose pareille.
- Il faudrait que tu voies ce que je vois Jean. Peu de monde sait cela, mais lorsque quelqu'un meurt, une part éternelle de son esprit, constituée de pure énergie et appelée Esprit, remonte les vents magiques jusqu'à atteindre le portail effondré dans le grand nord. Là, l'Esprit se jette dans la mer du vide où il se fragmente en Essences qui rejoignent des vortex composés d'autres Essences avec lesquelles elles ont des affinités. »

L'Archimage fit une pause le temps caresser Drach'enulim. Le dragon avait une patte cassée, mais ignorait sa souffrance tant le spectacle des vents magiques l'hypnotisait.
« - Il existe d'innombrables vortex, mais quelques uns sont si vastes qu'ils ont acquis une conscience et une puissance défiant l'imagination. Ce sont les Dieux. Et ils sont rejoint par les Essences qui ont vécu pour eux ou par eux, les rendant chaque jour plus forts. Les plus grand vortex sont ceux des Quatre Dieux Noirs. »
Teclis usa de sa magie pour soigner la patte de sa monture, se maudissant d'être arrivé trop tard ! Puis il continua, estimant que Jean devait connaître la vérité.
« - Notre ennemi a usé d'une magie oubliée afin de transformer ce monolithe. Ce matin il n'était qu'un simple accroc à travers la trame de notre monde. Désormais c'est une déchirure béante ! »
Jean se redressa alarmé, et dégaina son épée, prêt à en découdre.
« - Range cette épée Jean. Contrairement aux autres passage entre nos deux monde, cette déchirure est presque exclusivement unidirectionnelle, ne laissant passer les énergies que de notre monde vers le vide. Et le monolithe agit comme un aimant. »

Teclis avala péniblement sa salive. Jean tourna de nouveau le regard vers le monument du chaos, plissa les yeux, cherchant à percer un mystère que ses yeux vulgaires ne pouvaient voir.
« - Les Esprits de tous les morts tombés dans la steppe aujourd'hui tournoient en une tempête cyclopéenne autour du monolithe qui les avale par centaines. A la lisière de notre monde je peux percevoir que les Esprits se scindent en Essences, et qu'une grande partie est entrainée par des courants les forçant à rejoindre un vortex qui jusqu'à présent était insignifiant et qui n'attirerait normalement presque aucune Essence.
- Qu'est-ce que cela veut dire ? »
Teclis rajusta la scelle de Drach'enulim et fit signe à Jean de monter. Ce qui venait d'être fait ne pouvait être défait pour l'instant et changeait du tout au tout le visage de la guerre. Teclis était arrivé trop tard et rester ici à se lamenter n'aiderai en rien. Il était temps de partir et de dresser de nouveaux plans.
- Cela veut dire que notre ennemi dévore l'Essence des morts. Qu'il s'en nourri et gagne en force avec chaque vie qui s'achève à des lieues autour du monolithe ! »

Jean s'installa derrière l'Archimage et le dragon s'envola, faisant demi-tour.

Loin, très loin d'ici, à la frontière entre les deux mondes, retenti un rire sauvage. Be'lakor sentait les Essences affluer en lui et sa force croitre. Il les avait tous bernés. Mortels et Dieux. Plus rien ne pourrait l'empêcher de devenir un Dieu !
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MessageSujet: Re: Chroniques   Lun 2 Mai - 15:16



3 mois avant l'invasion finale
Monastère des Soeurs de la Charité, mi-mai 2552 CI

Erik et Jean-le-Pieu étaient tapis derrière un rocher dans la montagne, a quelques centaines de mètres du Monastère des Soeurs de la Charité. Le soleil déclinait dans le ciel, teintant la montagne d'ocre et d'ichor. Les deux jeune hommes parlaient à voix basse tandis qu'une demi douzaine de soldats et un mage elfe attendaient en silence non loin, eux aussi dissimulés.

- Etes-vous certain qu'ils essaieront ? demanda Jean.
- Aussi certain que ce soir le soleil se couchera, répondit Erik en hochant tristement la tête.
- La situation est pourtant très mauvaise. Ils pourraient convenir d'une trêve non ?
- C'est ce qu'ils ont fait. Sans cela il aurait été impossible de les inviter au Conclave de l'Aube et qu'ils se trouvent si proche l'un de l'autre.

Erik regarda à droite et à gauche dans les montagnes. Luitpold et Gérof avaient chacun fait dresser un camp de tentes sur des escarpements rocheux éloignés de plus d'une lieue. Malgré la distance Eric pouvait deviner l'activité qui régnait dans les camps où les hommes d'armes se tenaient prêt, craignant à toute instant une attaque venue de l'autre camp.

- Je les connais voyez-vous Jean. Tous les deux se disent qu'un simple « accident » pourrait régler le problème de la succession et qu'ils n'auront plus jamais une aussi belle occasion.
- S'ils comptent briser leur parole, pourquoi ne pas simplement donner la charge ? Demanda Jean visiblement sceptique.
- Parce qu'ils seraient parjure. Ils perdraient la face vis à vis des Grands Electeurs. Par contre, un « accident » seraient acceptable.
- Hum, en Bretonnie la politique est beaucoup plus simple. Nous ferions une belle bataille rangée et tout serait réglé dans la journée.

Le commandant des Chevaliers de Feu-Froid aussi les épaules et se mura dans le silence, scrutant les environs d'un air grave et concentré. Le vent glacial du Nord se leva. Le soleil projeta ses derniers traits de feu avant de mourir derrière les montagnes et de céder la place aux heures grises et étranges qui précèdent la nuit.

Après de longues minutes à ruminer ses pensées, c'est Erik qui brisa le silence.

- Puisque tout à l'air calme pour l'instant, peut-être pourriez-vous m'expliquer ce que Teclis est parti faire à dos de dragon. Participera-t-il au Conclave demain ?
- Non, je ne pense pas qu'il sera présent. Quand nous sommes revenu de Praag où ce monolithe maudit draine les essences des morts, Teclis était extrêmement soucieux. Nous avons fait une halte à Middenheim où il a disparu trois jours. Lorsqu'il est reparu nous sommes immédiatement venu ici. En chemin il m'a expliqué que les Tours Sentinelles du Nord avait rapporté que l'armée du Chaos était en marche sur nous.
- Ainsi c'est vrai !?!
- Oui. Les Elfes l'annonceront demain au Conclave. Ils ont compté entre quarante et soixante mille homme.
- Par les dieux !

Erik fit un bref décompte. Si Gérof et Luitpold mettaient leurs forces en commun – ce qui était exactement le but du Conclave – l'Empire aurait l'avantage du nombre. Mais de peu, la guerre et la peste ayant lourdement frappé. L'ennemi n'ayant aucune cité à défendre il pourrait facilement concentrer ses forces contre les troupes morcelées de l'Empire. L'aide des Sentinelles Elfes et des Rangers Nains serait donc vitale pour coordonner la contre-attaque de l'Empire.

- Mais ce n'est pas tout. Une grande armée composée de vingt mille hommes couleur de cendre approche depuis l'Est lointain. Les Elfes ont tenté de les arrêter par deux fois, en vain. Ils racontent qu'à leur tête marchent des créatures immenses, plus grandes qu'un géant et plus puissant qu'un dragon, capable de briser des remparts d'un seul coup de ses puissantes défenses !
- Alors, si Gérof et Luitpold ne s'entendent pas demain, ce sera la fin de l'Empire.
- Pourtant, si Teclis est reparti dès qu'il m'a déposé ici, c'est parce qu'il pense qu'il existe un danger plus grand encore. Il estime que l'attaque ne doit être que la partie visible du plan de Be'lakor. Une sorte de distraction en fait. Il est parti pour découvrir ce que cache notre ennemi et déjouer ses plans. J'ignore comment il compte s'y prendre, mais il a prononcé plusieurs fois le nom de Volkmar.
- Volkmar, s'étonna Erik ? Qu'est-ce que ce traitre peut bien avoir à faire dans cette histoire ?

Jean allait répondre lorsque le mage elfe s'approcha silencieusement d'Erik et lui murmura quelques mots en désignant de l'index une passe toute proche. Le jeune commandant se releva et fit signe à sa compagnie de se préparer au départ.

- Mon père a décidé de tenter sa chance en premier. Trois assassins tentent de se faufiler jusqu'au campement de Gérof. Allons leur souhaiter le bonsoir.

Sans un mot, le petit groupe se glissa entre les rochers, guidés par le mage selon une trajectoire d'interception. Erik savait que si son père ou son ami mourraient ce soir, le chaos qui en résulterait interdirait à l'Empire de faire face aux menaces que Jean venait d'évoquer. Il devait donc veiller à ce que la nuit soit tranquille. Même si cela signifiait probablement un nuit blanche pour lui et ses camarades.
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MessageSujet: Re: Chroniques   Mer 11 Mai - 15:59



1 semaine avant l'invasion finale
Bolgasgrad, Cours Démoniaque de Be'lakor, mi-août 2552 CI

Le vieil homme émergea du temple des Anciens Alliés et s'engouffra dans l'artère principale de l'ancienne Bolgasgrad. Au milieu de l'activité grouillante de la cité où les légions humaines et démoniaques du Maître préparaient sans relâche l'invasion finale, le vieillard passa totalement inaperçu. Il passa tout aussi inaperçu lorsqu'il pénétra dans le palais au nez et à la barbe des gardes en faction qui se disputaient alors pour d'anciennes rancunes. Enfin, il passa inaperçu en pénétrant dans les appartements du Sombre Maître, tandis qu'une fluctuation rarissime des Vents Noirs en perturba les puissantes glyphes de protection.

Le vieillard chercha quelques instants ce qu'il était venu chercher. L'immense chambre du Maître avait tout d'un musé des horreurs « au delà du temps et de l'espace », de l'architecture changeante aux objets improbables en passant par une impression de se tenir entre deux mondes, au seuil du Chaos. Le vieil homme trouva finalement l'objet de sa visite, un coffre d'airain représentant un démon ventripotent à la dentition démesurée. Le visiteur sorti de sous ses robes une fiole remplie d'un épais liquide d'un rouge maladif. Puis il écarta de force les deux mâchoires hérissées de crocs du coffre. A l'intérieur reposait une fiole emplie d'un épais liquide d'un rouge écoeurant. Le coffre entreprit de grogner d'un air torve. Plus vif que l'éclair, le visiteur exécuta un tour de passe-passe alors que la gueule du démon se refermait dans un claquement métallique féroce.

Le visiteur regarda sa main droite. Elle contenait une fiole d'un rouge écoeurant.

---

Be'lakor trônait plein de morgue et de majesté au centre de son palais. Il venait de donner deux ordres. Des ordres comme il avait attendu d'en donner pendant plusieurs centaines de vie humaines. Le Maître considéra un instant le chemin parcouru ces derniers mois. Depuis le siège manqué de Bolgasgrad, il marchait sur la route du Dragon Décapité. Un chemin dangereux et incertain. Mais cette route avait quelques consolations. Parmi elles, un noeud de potentialités qui avait tout particulièrement attiré l'attention du Prince Démon.

Les deux sergents du Maître pénétrèrent avec déférence dans la salle du trône. Le premier portait un petit coffre d'airain à la gueule proéminente. Le second tirait au bout d'une chaîne une créature abjecte et difforme qui avait autrefois été le puissant Volkmar. Le coffre fut donné au Maître, et la créature geignarde attachée aux pieds du trône.

Be'lakor ouvrit le coffre et se saisit de la fiole. Le Prince savourait cet instant. Le noeud allait se nouer d'ici quelques heures. Son plus grand ennemi allait pénétrer et ces lieux et repartir avec Volkmar dans l'espoir qu'il possède encore avec le Prince un lien sympathique puissant. Ce lien avait été forgé lors de la résurrection et de la possession de Volkmar par Be'lakor, et pouvait être utilisé par un puissant magicien pour atteindre le Prince Démon.

Le Maître ôta le bouchon de la fiole et força la créature à en avaler l'épais liquide rouge jusqu'à la dernière goutte. C'était fait ! Le poison psychique allait se lover tel un serpent dans les tréfonds de l'esprit de Volkmar, attendant qu'un magicien assez puissant en force l'accès pour utiliser le lien sympathique. Le poison frapperait alors le magicien, sa morsure dissolvant immédiatement et irrémédiablement son esprit dans le chaos !

Be'lakor relâcha son emprise sur la pauvre créature, et se redressa. Il ne lui restait plus qu'une seule chose à faire, laisser à ce magicien l'opportunité de venir récupérer Volkmar et ainsi refermer sur lui son piège. Il avait certes fait alléger la sécurité, mais cela ne suffirait pas tant qu'il serait lui-même dans les lieux.

Le Maître prononça une formule impie et se volatilisa dans une nuage fuligineux pour apparaître à des centaines de lieux de Bolgasgrad.

---

L'Archimage Teclis se redressa brusquement. Le flot d'âmes avait cessé de converger vers Bolgasgrad. Be'lakor était parti. Ses six compagnons elfiques s'étaient redressés en même temps que lui. Eux aussi avaient vu. Eux aussi étaient des archimages. En silence il chevauchèrent les aigles géants qui attendaient nerveusement cachés derrière un piton rocheux et prirent leur envol.

Après quelques minutes d'observation depuis les cieux, Teclis donna un signal et les aigles refermèrent leurs ailes, entamant une chute vertigineuse vers le palais, minuscule, des centaines de mètres plus bas. La cité se précipita vers eux à une vitesse démente, tournoyant comme une boussole affolée. Tombant comme des pierre, les aigles crevèrent les écharpes de brumes enveloppant la cité pour ensuite traverser les verrières du palais et brusquement déployer leurs larges ailes et se poser brutalement dans la salle du trône sous un déluge de vitraux.

Immédiatement, les archimages elfes brandirent leurs bâtons et prononcèrent les clefs finales de sortilèges tissés depuis des jours. En un instant une brume intense enveloppa les elfes et une pluie de feu et de lumière s'abattit sur les gardiens, démons et guerriers du chaos, pris par surprise.

Depuis le dos de son aigle, Teclis brandit son bâton dans toutes les directions. Il s'avait qu'ils devait faire vite. Ils n'avaient que quelques minutes avant que la riposte ne s'organise et qu'ils ne soient submergés. Déjà deux sorciers lançaient des raies mortelles absorbées de justesse par la brume protectrice !

« Là ! » hurlà Teclis à en pointant du doigt la chétive créature recroquevillée et enchaînée derrière le trône. Son aigle poussa sur ses griffes et traversa la salle d'un seul bond pour se retrouver devant ce qui avait été Volkmar.

Un Naga se faufila à travers le rideau de feu tombant des bâtons des archimages. Il bondit et d'un seul coup de sa longue épée spectrale décapita l'aigle et l'elfe, ce dernier s'éteignant dans un hurlement terrifiant alors que son essence était dévorée par la lame.
D'un seul coup de bec l'aigle chevauché par Teclis brisa la chaîne retenant Volkmar au trône, puis se saisi du malheureux dans ses puissantes serres. L'aigle fit volte-face et bondit vers le centre de la salle.

Paniqués par le hurlement d'agonie de l'elfe décapité, deux aigles battirent en retraite dans un tourbillon désordonné de plumes et de griffes. L'un des cavaliers fut désarçonné. Le Naga profita de la confusion pour se ruer lame en avant sur l'archimage projeté au sol. L'elfe esquiva d'une roulade sur le côté, se releva, pointa son bâton vers le serpent et lâcha une chaîne d'éclairs.
C'était sans compter avec la rapidité fulgurante du monstre qui était déjà passé derrière l'elfe tout en lui balayant les pieds d'un coup de queue. Avant qu'il ne se rende compte de quoique ce soit, l'archimage était tranché en deux et son essence fondait sous la morsure de la lame.

Teclis se retourna et d'un geste fit tomber une pluie d'étoile sur le naga qui s'embrasa comme une torche avant de se consumer au sol.
« Nous l'avons ! Hurla-t-il ». Aussitôt, les aigles bondirent à travers la verrière et s'envolèrent vers les cieux, échappant grâce à la brume à une nuée de projectiles magiques.

Le prix a payer avait été élevé. Mais maintenant qu'il avait mis la main sur Volkmar, Teclis avait une chance de réussir à percer les secrets de Be'lakor. Et s'il était trop tard pour infléchir l'issue de la guerre, peut-être pouvait-il encore empêcher que le pire ne se réalise, que Be'lakor devienne une nouvelle Puissance du Chaos !

---

Depuis une fenêtre du Temple des Anciens Alliés, le vieil homme observait les aigles géants s'éloigner dans les cieux, avec Volkmar dans leurs serres. Son visage était indéchiffrable. Il ouvrit la fiole dérobée à Be'lakor et en répandit le contenu sur le sol. Ce que Volkmar avait ingurgité n'avait aucun pouvoir. Il y avait donc toutes les chances que Teclis parvienne à percer les secrets du Sombre Maître et qu'il interfère avec ses plans.

Il n'en fallait pas plus pour satisfaire Zuvassin, le dé-faisseur.
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MessageSujet: Re: Chroniques   Dim 15 Mai - 5:27



Début de l'invasion finale
Marches du Pays des Trolls, fin août 2552 CI
Depuis un escarpement décharné situé à la frontière des terres de Kislev, Taliean fouillait de son regard perçant la plaine désolée du Pays des Trolls. D'immenses colonnes de poussière brune s'élevaient au dessus de l'horizon dévasté. Le murmure du vent apportait les échos des tambours de guerre. De ses yeux d'aigle la sentinelle elfe distinguait nettement les groupes de maraudeurs montés caracolants en éclaireurs à trois lieues d'ici. Trois ou quatre lieues derrière eux, trois longues colonnes de marche composées de milliers de barbares, de guerriers, de maraudeurs, de trolls, d'ogres et d'autres choses du chaos s'étiraient au loin, jusqu'à l'horizon délavé et noyé de poussière. Soixante mille hommes aux bas mots. Vu leur vitesse de progression, ils rejoindraient Praag d'ici deux jours, et Kislev cinq à sept jours plus tard, peut-être même moins s'ils envoyaient la cavalerie en avant. Taliean enfourcha sa fidèle monture, fit volte-face et parti au grand galop vers le sud prévenir l'Alliance que l'invasion était sur eux.
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MessageSujet: Re: Chroniques   Dim 15 Mai - 13:57



4 mois après le début de l'invasion
Altdorf, décembre 2552 CI

Un silence pesant régnait dans la salle du trône où Luitpold et sa garde personnelle s'étaient retranchés. Après quelques minutes angoissées, le bruit des combats extérieurs vint déchirer le silence ; ordres hâtifs, chocs métalliques, crissements de griffes, râles d'agonie, grondements sourds. Puis de nouveau le silence, et l'attente. Luitpold ne se faisait pas trop d'illusions. Ce silence ferait bientôt parti de sa vie. Le silence de la tombe. A supposer qu'il ait droit à une sépulture.

Le choc sourd d'une explosion se propagea dans la structure faisant violemment trembler le sol et les murs. Des meubles basculèrent et deux lustres se décrochèrent, accompagnés dans leur chute par un nuage de poussière. Luitpold savait qu'il n'y avait que le tir des trébuchets et l'explosion d'un magasin de poudre pour provoquer pareille déflagration. Les trébuchets ayant cessé de tirer depuis six bonnes heures – lorsque les Skavens infiltrés par les égouts avaient ouvert la porte-Est à l'ennemi, Luitpold avait attribué les deux explosions précédentes aux magasins de poudre. Bien qu'ils n'en avait pas parlé entre eux, tous ses hommes avaient pensé de même. Mais le palais n'avait que deux magasins de poudre... Ses hommes aussi savaient compter. Et à mesure qu'ils faisaient le calcul, Luitpold pouvait voir une question muette monter en eux, et transformer en une peur glaciale et insidieuse.
Eirdrich, l'aide de camp de Luitpold, s'approcha de son maître l'air inquiet.

« Votre Altesse, peut-être devrions tenter de passer par la tour chauve et la sommellerie pour rejoindre les écuries royales. Avec un peu de chance...
- Non, Eirdrich. Fuir en aveugle est trop risqué. Nous devons attendre le retour des éclaireurs. Prendre la route la plus dégagée. Maximiser nos chances !
- Mais, Votre Altesse, s'ils ne revenaient pas ?
- C'est un risque à courir. Donnons leur encore cinq minutes. »

Son aide de camp avait raison. Luitpold le savait. Mais en vérité il se refusait à abandonner cette salle du trône de laquelle son père avait régné deux générations durant. Il se refusait à croire qu'il pouvaient perdre face à la Grande Ennemi. Alors il espérait. Une intervention des elfes. Un Miracle. N'importe quoi. Et au plus profond de lui, sans doute par vanité, il croyait que ce miracle avait d'autant plus de chances de se produire que le danger était grand.

Comment avaient-il pu en arriver là ?

Devant l'urgence de la situation et l'accumulation des rapports alarmistes, Gérof et lui avaient établi une trêve et déployé leurs forces pour bloquer les armées du chaos. Teclis était parvenu par un procédé inconnu, impliquant ce qui semblait être les restes de Volkmar, à obtenir de nombreuses informations vitales, démasquant une demi douzaine de traitres et de conspirateurs infiltrés. Son propre capitaine, responsable de sa sécurité, avait été confondu ! Corrompu par un culte du plaisir, il devait l'assassiner si le siège d'Altdof se prolongeait au delà de 3 semaines. Be'lakor comptait donc arriver jusqu'à Altdorf...

Une quatrième explosion se fit sentir. Plus forte. Plus proche. Les dernières lustres se fracassèrent sur le sol dallé. La tension monta encore d'un cran.

Les Kislevites avaient été les premiers touchés par les hordes de Be'lakor. Incapable de faire face à une armée dix fois plus nombreuse, l'Impératrice s'était repliée, forçant l'ennemi à assiéger les cités principales et à perdre un temps précieux, ou à avancer malgré la menace d'une contre-attaque. Be'lakor ne semblait pas pressé et avait ordonné le siège. Minée par la marque de Be'lakor, assiégée depuis des mois, Praag était tombée tout de suite, comme une pomme blette. Mi-septembre, Kislev et Erengrad tenaient donc à elles seules l'invasion descendue des terres désolée du nord.

Une cinquième explosion ébranla le palais. Une colonne s'effondra et les vitraux explosèrent en une pluie de débris acérés et multicolores. Luitpold se sentait tétanisé. Eirdrich pris l'initiative. « Chevalier Grimm, allez vérifier que l'escalier menant à la tour chauve est dégagé ! Chevalier Rig, vérifiez l'escalier de service. » Les chevaliers se relevèrent au pas de course, visiblement ravis de faire quelque chose, n'importe quoi.

Luitpold restait perdu dans ses pensées. Après des semaines d'assauts, l'armée de mercenaires venue des Principautés avait finalement brisé le verrou de la Passe de Feu. Trente mille hommes s'étaient déversés dans l'Averland, puis dans le Stirland. Gérof avait tenté de les arrêter sur les berges de l'Avers mais une bande d'infâmes homme-rats réussit à prendre un pont avant qu'il ne soit détruit, ouvrant la voie au reste de l'armée. S'en étaient suivi une succession de défaites pour l'Alliance. Depuis le siège d'Altdorf, Luitpold n'avait plus de nouvelles, mais il était convaincu que Nuln était assiégée. Gérof et sa redoutable artillerie pourraient tenir des mois, surtout avec l'hiver qui s'installait. Mais est-ce que cela les sauverait ? Il en doutait.

Grimm revint faire son rapport au pas de course.

« L'escalier vers la tour chauve est occupé. Le Commandant Erik et une vingtaine de ses chevaliers de feu-froid y sont aux prises avec des choses abjectes dont j'ignore le nom.
- Est-ce qu'ils ont une chance de prendre le dessus ?
- Ils semblaient avoir la situation en main ; je dirais oui.
- Parfait. Capitaine, prenez cinq hommes et allez faire la liaison. Si vous pouvez dégager la route, envoyez nous chercher. »

Les six hommes obéirent. Eirdrich se maudit intérieurement d'avoir perdu autant de temps. Son maître était perdu dans ses pensées. Il commençait à se demander s'il n'avait pas perdu la raison et s'il ne devrait pas l'extraire de palais malgré lui ?

Luitpold était sur le front-Est. Début septembre, l'étrange armée venue de l'Ind et ses immenses Mimakils avaient été taillés en pièces par l'alliance improbable des Elfes et des Nains avant même qu'ils ne pénètrent dans l'Ostermark. Au nord, Middenheim fut un temps menacée par une grande armée de brigands et d'hommes bêtes surgies des Montagnes du Milieu et des Bois Sombres, mais la baronnie du Nordland alliée duché du Middenland en étaient facilement venues à bout, loué soit Sigmar ! L'Alliance envisagea alors de redéployer ses troupes pour voler au secours du sud tandis que les verou Kislev-Erengrad soutenu par le Talabacland tennaient le front nord-est.

La chute précipitée de Kislev changea tout.

Utilisant un immense convoi, Be'lakor avait fait déplacer en secret le monolithe portant sa marque, de Praag jusqu'aux portes de Kislev ! Minée par son influence, la cité de la Tzarine tomba moins d'un mois plus tard. Le carnage fut abominable, la cité brûlée et les rares survivants sacrifiés sur le monolithe. L'immense armée de Be'lakor repris alors sa marche sur l'Empire dans lequel elle pénétra tel une lame en fusion. Changeant de stratégie, la horde du Maître Ténébreux se ruèrent à marche forcée vers le coeur de l'Empire, ignorant les cités et garnisons laissées dans son dos, certain que la peur empêcherait les hommes d'organiser une contre-attaque efficace. Ce en quoi ils avaient raison. Une série de défaites forcèrent l'Ostermark et le Nordland à se replier pour protéger Middenheim et sa Flamme Sacrée, condamnant le reste de l'Empire à affronter seul le Dévoreur.

Altdorf fut assiégée à la fin de l'automne. La cité était bien défendue, ses greniers pleins et ses sources en sécurité ; Luitpold était donc convaincu de pouvoir passer l'hiver bien au chaud, tandis que l'ennemi mourrait de froid dehors. Au retour des beaux jours, les hordes du chaos seraient épuisées, démoralisées, et une simple sortie en viendrait facilement à bout. Be'lakor était allé trop lentement pour prendre Altdorf avant les glaces, et trop vite pour avoir une chance de se replier sans subir de lourdes pertes maintenant que ses troupes étaient dispersées dans l'Empire.

Rien ne se déroula comme il l'avait prévu.

L'ennemi frappa aux portes de l'hiver, juste avant les glaces. D'un coup inattendu et décisif. Le danger que représentaient les attaques souterraines des hommes-rats était bien connu des généraux de l'Empire. Les égouts et les sous-terrains étaient étroitement surveillés, et les galeries condamnées ou piégées pour prévenir toute attaque. Be'lakor avait fait construire un canon-démon, convoyé jusqu'à Altdorf où des Skavens l'ont emporté dans les égouts périphériques, moins bien protégés. Là, depuis les sous-sols, ils ont utilisé cette arme impie pour tirer vers la surface, vaporisant littéralement le sol au dessus-d'eux, ouvrant un large trou directement dans la cité, en pleine nuit. La vermine s'est alors infiltrée, a brisée les premières défenses impériales et pris le contrôle de la porte Est qu'ils ont ouvert à une brigade de Chevaliers du Chaos.

Cela s'était passé huit heures plus tôt. Les soldats de l'Empire avaient combattu avec un courage et une détermination exemplaire, causant des pertes terribles à l'ennemi qui failli par deux fois être repoussé hors de l'enceinte. Mais chaque fois, Be'lakor en personne était intervenu, entouré de sa garde Nagas. Et il avait retourné la situation. Démoralisés, exténués, minés par l'influence du Dévoreur, les survivants impériaux avaient fini par se replier dans le palais. Luitpold se demanda si eux aussi espéraient un miracle. Probablement pas.
La suite n'avait été qu'un long carnage.

Brutalement, l'immense porte principale s'arracha de ses gonds dans un tonnerre de fin des temps, projetée comme un vulgaire fétu de paille à l'intérieur de la salle du trône avec son chambranle et une pluie de pierre. Un corps brisé et sans vie s'abattit aux pieds de Luitpold sous une pluie de débris. Sous les plaies sanguinolentes et carbonisées, il reconnu vaguement le visage de Rig, le chevalier parti en éclaireur. La poussière retombant, des silhouettes massives se détachèrent de ce qui avait été la porte et n'était plus qu'un trou béant. Be'lakor, immense et terrifiant, irradiant de puissance et de rage, s'avança vers les mortels. Le monde semblait se rétracter à son approche, comme si l'existence elle-même touchait à sa fin. Le Démon braqua les deux fournaises qui lui servaient d'yeux sur Luitpold, qui se senti fondre.

La porte de l'escalier de la tour chauve vola en éclat, laissant le passage à Erik qui chargeait Be'lakor en hurlant Montjoie !, suivi par une douzaine de chevaliers de feu-froid lancés comme un seul homme. Galvanisé, Eirdrich se redressa et brandit son épée.

« Chevaliers, pour l'Empire, CHAAARGEZ !!! ».

Trois nagas et une vingtaine de guerriers du chaos marqués du double-K se lancèrent contre les gardes de Luitpold. Erik et ses chevaliers s'abattirent sur Be'lakor. D'un simple coup d'aile le démon envoya bouler les chevaliers. Plus agile, Erik roula sous l'aile, se redressa derrière le démon et abattit Tueur de Bête sur le monstre. Le Maître esquiva avec une rapidité fulgurante malgré sa taille, fit volte-face et engagea un corps à corps mortel avec le jeune héros. Les griffes s'opposaient à l'épée, la force à l'agilité, la rage à la ruse. D'une feinte Erik esquiva l'immense épée du Prince-Démon avant de l'atteindre, traçant une large entaille dans le flanc du Prince-Démon. La bête recula. Visiblement, la morsure de Tueur de Bête n'était pas de son goût. Galvanisé, Erik chargea de plus belle et assena à son adversaire une pluie de coup. Be'lakor paraît méthodiquement et s'adressa à Erik d'une voix de tombe.

« Regarde autour de toi, mortel. Tes chevaliers ont nourri mes nagas. Et la garde de ton père est presque défaite. Rend-toi, je les épargnerai. »

Le monstre disait vrai. Mais cela ne fit que décupler la rage qui coulait dans le sang d'Erik.

« Jamais ! Tueur de Bête va goûter ton sang, et ta mort sonnera votre déroute ».

Le commandant redoubla de fureur, assenant un déluge de coups sur son adversaire. A chaque coup, Be'lakor parait avec plus de facilité. Jusqu'à ce que démon profite d'une faille dans l'attaque de son adversaire et n'abatte son épée sur Erik de haut en bas avec une force telle que la lame découpa le commandant en deux avant de se planter d'une bonne coudée dans le marbre du sol. Tueur de Bête et les deux moitiés sans vie d'Erik s'affaissèrent au sol.

« Imbécile. Je me nourri de votre rage. Et la tienne était un met de premier choix. ».

L'Essence d'Erik s'extirpa en chuintant du corps inanimé et fut aspirée par Be'lakor, lentement, inexorablement, comme un malheureux se noie dans les sables mouvants. Lorsque cessèrent les hurlement d'agonie de l'Essence, le silence retomba sur la salle du trône. Luitpold, entouré des neuf derniers survivants, se tenaient au centre du carnage, acculés par les nagas et les guerriers du chaos.
Be'lakor, le Dévoreur, se dressa devant celui qui avait voulu être Empereur. Son ombre immense sembla emplir la pièce.

« Assied toi sur le trône, mortel, commanda le démon ! »

Luitpold ne bougea pas interdit, incapable de comprendre ce qu'on attendait de lui.

« ASSIS !!! gronda le Prince ».

Fouetté par la puissance de sa voix, Luitpold recula et butta sur le trône baigné de sang où gisait une tête décapitée. D'un coup d'épée, Be'lakor envoya la tête roulée à l'autre bout de la salle.

« J'ai dit, ASSIS ! »

Interdit, confus, Luitpold recula encore et tomba assis sur le trône d'où il failli glisser à cause du sang. Malak, l'Oracle Noir, émergea de derrière le Maître, portant un coussin fuligineux sur lequel reposait un sinistre poignard courbe sur la garde duquel brillait une double spirale aux éclats ténébreux. Une femme brune le suivait, pieds et poings enchaînés, encadrée par deux gardes.

« Je suis le Dévoreur, Celui Qui Est La Fin. Entend-moi mortel, tonna Be'lakor. En ce jour, l'Empire est brisé. L'assaut a été donné contre Middenheim et la cité est prête à tomber. Dans une heure, un jour peut-être, la Flamme Sacrée sera à moi et ce sera la fin de l'âge des hommes. Le début de l'âge du Chaos. »

Luitpold, inondé de sueur, se demandait si c'était vrai. Probablement ; d'après les Elfes, les Nains du Chaos avaient forgé deux canons pour Be'lakor. Le second devait être à Middenheim qui avait selon toute vraisemblance subit le même sort qu'Altdorf.

« Tu peux empêcher cela. Tu peux sauver ton peuple. Prouver que tu es digne d'être Empereur. »

Luitpold ne comprenait pas.

« Je te donne le choix. Prosterne toi devant moi. Implore ma clémence. Béni mon nom. Et j'épargnerai Middenheim, ainsi que ce qui reste de ton Empire. Refuse, et j'éteins la Flamme Sacrée. »

Luitpold regardait le démon d'un air hagard, éberlué. Quel était ce marché absurde ? Pourquoi le serviteur des Dieux Noirs voudrait-il épargner l'humanité ? Il essayait évidement de l'abuser. Mais dans quel but ?

« Pourquoi ? Que voulez-vous de nous ? ». Sa gorge était sèche, et sa voix rauque.

Le démon sembla sourire, dévoilant d'innombrables dents effilées.

« Je n'obéit pas aux Dieux Noirs, petit mortel. Et il me plaît de vous voir survivre. A la condition que vous reconnaissiez en moi le Dévoreur, Celui Qui Est La Fin. »

Le sang de Luitpold ne fit qu'un tour. C'était toujours aussi absurde. Mais si cela pouvait lui donner du temps, il était prêt à tout. Peut-être serait-ce suffisant pour que son miracle se produise enfin.

«  C'est tout, demanda-t-il ?
- C'est tout. Et pour me prouver ta foi, j'exige que tu fasses un sacrifice, en mon nom.
- Quoi, s'étrangla Luitpold ? »

Les gardes poussèrent la prisonnière et la forcèrent à s'agenouiller devant lui. Luitpold ne l'a reconnu par tout de suite, tant elle était différente en haillons crasseux, sa chevelure sombre en désordre, le visage ravagé par les larmes.

« Comtesse Emmanuelle Von Leibwitz s'étonna-t-il ! »

Elle le regarda d'un air détaché, vide. Malak approcha et lui tendit le coussin avec le poignard. Luitpold se rappela alors que c'était à cause d'elle et de ses machinations que Gérof avait réussi à recueillir les voix du premier vote, plongeant l'Empire dans la guerre civile. A cause d'elle encore qu'il avait failli être assassiné par trois fois ! Une vague de rage le submergea, lui donnant une vigueur nouvelle. Il essaya de garder la tête froide, de réfléchir. Mais la situation était simple. Il pouvait gagner un temps précieux pour l'Empire et pour lui. Et tout ce qu'il avait à faire c'était de mentir à ce monstre et de tuer la femme qu'il détestait le plus au monde. Il s'agissait presque d'un cadeau ! Et au pire, si Be'lakor se jouait de lui, qu'avait-il à perdre ? Au moins se serait-il vengé de cette conspiratrice !

« Entendu, souffla-t-il.
- Bien, jubila Be'lakor. Prenez le couteau et agenouillez-vous devant moi.
- J'obéï, dit-il en s'exécutant. »

Malak leva les bras et débuta la cérémonie.

« Comte Electeur Luitpold Freidrich Holswig Schliestein, Prince d'Altdorf, Comte de la Marche Occidentale, reconnaissez-vous en Be'lakor Nihilio Mul'Jaedir le Dévoreur, Celui Qui Est La Fin, Le Maître des Ténèbres, demanda l'Oracle noir solennellement ?
- Oui, je le reconnais, murmura le Comte d'une voix plus chevrotante qu'il n'aurait voulu.
- Appelez-vous de tous vos voeux Sa bénédiction sur vous ?
- Oui.
- Alors levez-vous, et prenez la vie de cette femme, et offrez-la au Dévoreur ! »

Luitpold se releva et brandit la lame qui semblait désormais peser un tonne. Il hésita. Le poignard avait quelque chose de terriblement maléfique. Et les yeux implorants de la Comtesse faisaient vibrer en lui une fibre qu'il aurait préféré ignorer. Après quelques instants, il pris une grande inspiration, et ferma les yeux pour ne plus voir ce regard qui le brûlait au plus profond de son âme. Et il abaissa son bras, saisis la gorge de sa victime, et la trancha net, inondant ses mains de sang chaud. Après quelques spasmes convulsifs, le corps glissa doucement pour ne plus jamais se relever.

L'Essence d'Emmanuelle fut extirpée du corps sans vie, et glissa lentement dans les sables mouvants de l'Enfer. Un cris strident emplit la salle pendant les longues secondes que dura son agonie, jusqu'à ce que retombe le silence, une fois l'Essence dévorée par le Sombre Maître.

« Bien, exulta le Dévoreur. Un pacte est un pacte. Malak, donnez l'ordre aux hordes située dans l'Empire de faire retraite. Immédiatement ! »

Belakor, le Maître des Ténébres, le Dévoreur, Celui Qui Est La Fin jubilait. Cet idiot pensait avoir été très malin et avoir gagné beaucoup de temps par ce geste qu'il avait estimé sans conséquences. Mais il avait été berné. Middenheim était pour l'instant hors de danger. Mais il avait tué en son nom. Et sa garde rapprochée l'avait vu faire. Bientôt tout le monde saurait que Luitpold, l'un des deux Empereurs, avait reconnu en Be'lakor une Puissance et avait fait en son nom un sacrifice de sang noble. La retraite de ses hordes alors que tout était perdu et leur installation sur les terres de Kislev, bloquant toute invasion aux autres Puissances du Chaos ferait le reste. Son nom allait être craint et révéré. Les hommes aux portes de la mort seraient bientôt pétris de la peur de la mort, de la peur de Lui faire face.

Paradoxalement, c'est cette peur qui allaient guider une part de leurs essences jusqu'à lui.
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Vincent

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MessageSujet: Re: Chroniques   Dim 15 Mai - 14:32



Quelque part dans les Cours du Chaos.
Le Duc du changement observait le monde depuis l'Oeil d'Outre-Temps. Les hordes de Be'lakor avaient reflué vers les terres de Kislev comme la mer quitte le rivage, ne laissant que des ruines. Privé de pouvoir central, de cohésion, l'Empire allait se diviser en des dizaines de royaumes sans cesse en guerre.

Quant au Maître Ténébreux, il avait dissipé son enveloppe charnelle. Comme pour toutes les Puissances Naissantes, l'appel du Vide était trop fort. Plongé dans la mer du Chaos, il se nourrirait d'Essences et allait croître en force et en influence. Be'lakor était convaincu d'avoir abusé les dieux. Il se félicitait d'être si malin.

Le Duc le savait, le Grand Architecte pensait au contraire qu'il était un peu lent. Qu'il avait un ou deux millénaires de retard...
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Dernière édition par Vincent le Lun 16 Mai - 21:32, édité 1 fois
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Vincent

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MessageSujet: Re: Chroniques   Dim 15 Mai - 14:33

Voilà qui cloture la narration de Tempête d'Âmes.
J'ouvre le sujet aux commentaires dès fois que vous ayez des remarques ou des questions.
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Lucien.B

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MessageSujet: Re: Chroniques   Jeu 16 Juin - 13:20

Tu es dingues Smile
Je me suis bien fait plaisir en lisant tous ces textes.

Merci
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MessageSujet: Re: Chroniques   

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